Souveraineté numérique Dario Amodei propose de ralentir la course aux capacités de l’IA : évaluateurs tiers installés dans les laboratoires, coordination des entreprises « des pays démocratiques » sous dérogation antitrust, négociation avec la Chine. Le mot Europe n’apparaît pas une seule fois dans l’essai. Derrière le vocabulaire de la prudence, les trois mesures concrètes, embargo sur les puces, répression de la distillation, sécurité des poids, dessinent un régime où la capacité de pointe devient une denrée contingentée par Washington. Il y a pourtant une idée à prendre intégralement, celle des évaluateurs embarqués, et une question à poser avant de l’applaudir : qui tient la pédale.
Souveraineté numérique Le 8 septembre 2026, OpenAI a répondu par écrit à un mathématicien qui lui demandait si son modèle avait appris sur les brouillons versés pendant un an dans Codex : improbable, mais nous ne pouvons pas l’exclure. Ce n’est pas une preuve que ces brouillons ont servi, c’est le refus d’un fournisseur de dire non. La lecture des conditions d’utilisation explique cette prudence : entraînement, accès et rétention sont trois contrôles distincts, et « session privée » ne veut rien dire tant qu’on ne sait pas le type de compte et la case cochée. Pour tout développeur qui confie à un assistant de code ce qui le distingue et n’est pas encore publié, la question a cessé d’être théorique. L’affaire Navier-Stokes en encadré, et mon avis en fin d’article.
Intelligence artificielle On September 8, 2026, OpenAI answered in writing when a mathematician asked whether its model had learned from a year’s worth of drafts fed into Codex: unlikely, but we cannot rule it out. That is not proof the drafts were used. It is a vendor declining to say no. Reading the terms of service explains the caution: training, access, and retention are three separate controls, and « private session » means nothing until you know the account type and which box was checked. For any developer who hands a coding assistant the work that sets them apart and hasn’t been published yet, the question has stopped being theoretical. The Navier-Stokes affair is summarized in a box below, with my take at the end.
Intelligence artificielle Le 8 septembre 2026, OpenAI a annoncé qu’un essaim de 10 000 agents avait résolu Navier-Stokes en 88 heures, un chercheur d’Anthropic a démissionné en accusant les laboratoires de jouer nos vies, et l’OCDE a publié le pire PISA de l’histoire française. La veille, sur LCI, une candidate à l’Élysée n’avait rien trouvé à dire sur Pompidou. Un fil traverse ces séquences : tout le monde conjugue au futur, personne ne relit le passé. Les uns parce qu’ils fabriquent l’avenir à coups de tokens, les autres parce qu’ils n’ont plus de passé à leur disposition. La question française n’est pas de savoir si l’IA va nous tuer, mais qui, chez nous, saura encore lire la preuve.
Automobile Dans un futur pas si lointain, conduire une automobile à la main sera interdit comme moyen de transport ordinaire, au même titre qu’on a fini par interdire de fumer dans un avion. Pas par décret d’abord, mais par l’assurance : le jour où les actuaires disposeront de millions de kilomètres prouvant qu’un humain fatigué, distrait ou bourré est plusieurs fois moins fiable qu’un algorithme, la prime du conducteur fera le reste. Le lancement du Cybercab à Austin, les 200 millions de miles sans conducteur de Waymo et le revirement français sur le FSD de Tesla en six semaines montrent que la mécanique est déjà enclenchée. Ce billet défend cette prédiction, en assume les limites et se termine par un aveu : rédiger tout ça m’a surtout donné envie d’aller rouler.
Surveillance et libertés J’ai loué un objectif photo, et trente minutes après la livraison, mon téléphone m’a prévenu qu’un AirTag inconnu se déplaçait avec moi. Sous la mousse de calage, un traceur portant un numéro d’inventaire écrit au feutre : AT 102. Protéger un actif confié à des inconnus est parfaitement légitime, mais un traceur qui dort chez moi pendant cinq jours n’enregistre pas les déplacements d’un objectif, il enregistre les miens. Ce que je n’ai découvert que grâce au dispositif anti-pistage d’Apple, à défaut d’une ligne dans les conditions de location. Le dossier ne se joue pas sur le principe du traçage, mais sur le silence qui l’entoure.
Intelligence artificielle Napoléon, Cléopâtre ou Joséphine Baker qui vous racontent leur vie face caméra en trente secondes : ces vidéos générées par IA envahissent Instagram et TikTok, et elles sont plutôt efficaces comme divertissement. Le problème est ailleurs : l’IA ne sait pas l’histoire, elle assemble des motifs probables, d’où les anachronismes que les historiens relèvent à la chaîne. Tant qu’on les regarde comme une fiction, rien de grave ; le risque commence quand le format témoignage se fait passer pour une source, surtout sur les sujets sensibles. Et quand une Joséphine Baker synthétique conclut par une question sur le pays auquel on appartient, ce n’est plus de l’histoire, c’est de la ventriloquie.
Économie Le 19 août 2026, le Trésor américain a doublé en urgence le plafond de ses rachats de dette longue, déchirant un calendrier publié deux semaines plus tôt, au lendemain d’un plus haut de dix-neuf ans sur le taux à 30 ans. Le montant est anecdotique ; l’improvisation d’une institution dont toute la doctrine repose sur la prévisibilité ne l’est pas. Car un second emprunteur s’est invité au même guichet : les géants de l’IA, porteurs de 3 000 milliards de dollars d’engagements hors bilan qu’il faudra financer sur les mêmes échéances longues, auprès du même pool fini de fonds de pension et d’assureurs. L’État absorbe la volatilité, les hyperscalers émettent dans un marché stabilisé à ses frais, et le contribuable-emprunteur règle la différence dans son taux immobilier. La souveraineté ne se joue pas seulement dans les puces : elle se joue dans la file d’attente des emprunteurs.
Logiciels Les iPhone récents photographient en HEIC, un format qu’aucun navigateur n’affiche à part Safari. Résultat : sur mes forums Invision Community, des centaines de photos arrivaient chaque jour sous forme de liens de téléchargement inutilisables. Plutôt que d’expliquer à chaque membre comment modifier un réglage enfoui dans son téléphone, j’ai développé HEIC Uploads, une application qui convertit ces photos en AVIF en arrière-plan, sans jamais bloquer la publication. L’AVIF s’est révélé cinq fois plus léger que le WebP et quatre fois plus rapide à encoder : il n’y avait aucun arbitrage à faire. Le code est publié sous licence MIT.
Intelligence artificielle ComfyUI et n8n partagent la même grammaire visuelle, des nœuds et des connexions, mais n’exercent pas le même métier : l’un fabrique des médias avec des modèles IA, l’autre orchestre des événements, des services et des règles métier. Les opposer est donc un faux débat. La vraie question est de savoir où placer la frontière entre eux, et comment les assembler dans une architecture hybride où n8n pilote ComfyUI comme un moteur de rendu asynchrone. De la sécurisation de l’API au découplage des coûts GPU, cet article pose les règles de conception, illustrées par un cas concret : une usine de traduction et de lip-sync vidéo.