Technologie Depuis deux ans, mon casque Logitech PRO X 2 relié en Lightspeed à un Mac mini Apple Silicon décroche sans prévenir, dans un silence total, en prenant au passage tout le sous-système audio de la machine en otage. En croisant les retours d’utilisateurs, le constat est sans appel: ce n’est ni ma malchance ni mon installation, mais la collision de deux fragilités, le sans-fil propriétaire de Logitech et la pile audio USB de macOS, aggravée par sa surcouche logicielle G Hub. Le fiasco du certificat expiré de janvier 2026, qui a paralysé G Hub sur le seul macOS, en est la preuve éclatante. Le repli en Bluetooth offre une stabilité relative, mais au prix de la latence et de la qualité, autant dire un aveu d’échec déguisé en fonctionnalité. À 300 euros, c’est une déception qui m’a guéri de l’Astro A50 X et fait douter jusqu’à ma future MX Master 4.
Systèmes d'exploitation Contre toute attente, Apple vient de répondre à un ticket Feedback Assistant ouvert deux ans plus tôt concernant les performances catastrophiques du protocole SMB sur Mac. Selon la firme, la beta 2 de macOS 27 Golden Gate apporterait enfin un correctif à ces lenteurs et déconnexions chroniques. Cette mise à jour s’annonce d’ailleurs cruciale, puisque cette nouvelle mouture signe l’abandon définitif du client AFP, forçant tous les utilisateurs de NAS à basculer sur le protocole de Microsoft. Reste désormais à passer cette beta au crash-test pour vérifier si les promesses d’Apple tiennent la route face à nos fichiers de configuration artisanaux.
Intelligence artificielle Tout le monde répète qu’il faut désormais concevoir des boucles plutôt que prompter ses agents, et sur le fond, c’est vrai : la boucle est le vrai virage de l’IA. Mais ces discours taisent systématiquement deux coûts, celui des tokens qui se composent à chaque itération, et le plus lourd, celui de la souveraineté, puisque l’entonnoir finit toujours sur un produit propriétaire à qui vous confiez vos clés, vos données et le pouvoir d’agir en votre nom. Cet article pose proprement ce qu’est une boucle, dit quand elle est un piège plutôt qu’un gain, et montre comment la reconstruire entièrement chez soi, sur sa propre infrastructure. Parce que la seule question qui vaille n’est pas de savoir quel produit vous fait gagner du temps, mais à qui appartient la boucle.
Technologie Le CAPTCHA est devenu une mécanique à l’envers : il punit l’humain qui peine sur les feux tricolores pendant que les modèles de langage les résolvent désormais mieux que nous. Annoncé le 22 juin par Cloudflare avec Mozilla, Google, Microsoft et Shopify, le projet PACT promet d’en finir en troquant l’épreuve contre un jeton cryptographique anonyme qui atteste qu’un humain est dans la boucle sans rien révéler de lui. L’idée est excellente, et je signe des deux mains pour ne plus jamais désigner un passage piéton. Mais elle sacre Cloudflare arbitre de qui mérite un laissez-passer, dessine un web à deux vitesses où le trafic sans jeton devient suspect par défaut, et ne supprime que la corvée visible, jamais la surveillance. La vraie question n’est donc pas technique mais politique : débarrasser le web du CAPTCHA est un progrès, décider qui en tiendra les clés en est un tout autre.
Intelligence artificielle Le 16 juin, à sa conférence Compile, Cursor a dévoilé Origin, une forge Git pensée non plus pour les humains mais pour les nuées d’agents qui poussent du code en continu. La presse y a vu un concurrent de GitHub ; le vrai sujet est la concentration qui se referme lorsqu’un même acteur réunit le compute, le modèle, l’IDE, la forge et vos données de travail, un risque structurel qui serait identique avec n’importe quel autre géant. Face à ce point de contrôle unique, l’auto-hébergement cesse d’être une coquetterie de power user pour devenir une position stratégique, à condition de l’admettre : il ne suffira plus de stocker ses dépôts, il faudra faire tourner ses propres orchestrateurs d’agents pour ne pas être souverain mais d’une lenteur rédhibitoire. La vraie brique de sortie n’est donc pas seulement Git pour le code, c’est MCP pour l’agent, ce couple qui permet à un éditeur ouvert de restituer la même puissance sans tout confier au propriétaire dominant. Mon pari pour les trois ans qui viennent : pas une bascule, mais une polarisation, où la standardisation reste notre meilleure porte de sortie.
Société Il y a un son que j’ai appris à haïr : ce petit « blop » mou suivi d’un chiffre obscène, 4:10, qui m’annonce qu’on vient encore de me prendre pour un répondeur sur pattes. Le message vocal n’est pas un transfert d’information, c’est un transfert de charge : l’expéditeur économise vingt secondes d’écriture et me refile quatre minutes de décodage, interjections, respirations de marathonien et bruit de fond compris. Car le vocal n’arrive presque jamais d’un endroit décent : rue venteuse, salle de bains qui résonne, rayon de supermarché, je ne reçois pas un message mais une prise de son de terrain à débruiter moi-même. Ni la courtoisie de l’appel, ni la précision de l’écrit, et mon conduit auditif reste un territoire souverain que je refuse de voir annexer au nom de la flemme d’autrui. Petit coup de gueule, méthode assumée, et plaidoyer pour la plus belle preuve de respect qui soit : m’écrire deux lignes.
Intelligence artificielle Le 12 juin, SpaceX réalisait la plus grosse introduction en bourse de l’histoire; quatre jours plus tard, l’entreprise rachetait Cursor pour 60 milliards, puis dévoilait Origin, une forge Git pensée pour les agents. La presse a résumé tout ça à l’achat d’un éditeur d’IDE, et a manqué l’essentiel: un homme est en train d’acheter, couche par couche, le droit de décider ce qui compte comme vrai, d’abord dans le code, bientôt dans le savoir. Car le vrai goulot n’est plus de produire du code, c’est d’arbitrer ce qui mérite d’être mergé, et cette couche de validation vaut, pour entraîner des agents, plus que tout le corpus public de GitHub réuni. Reste une fissure dans le récit d’inéluctabilité: la pièce maîtresse, Anthropic, est précisément celle que Musk ne peut pas racheter, même s’il en fournit déjà une part de l’oxygène. La vraie question n’est plus de comprendre son plan, mais de décider combien de temps on accepte encore de lui louer l’avenir.
Technologie En plein soleil, au moment précis où Apple me vend ses milliers de nits, l’écran de mon iPhone se met à fondre jusqu’à devenir illisible. Le coupable n’est pas le capteur de luminosité, qui réclame au contraire le maximum, mais la gestion thermique qui bride la dalle dès que l’appareil chauffe, c’est à dire toujours au soleil. J’ai exactement le même problème sur un iPhone 13 Pro et sur un iPhone 17 Pro, preuve que ni le titane, ni l’aluminium aérospatial, ni la fameuse chambre à vapeur n’y changent quoi que ce soit. Cet assombrissement est la facture de la course aux nits doublée de celle du tout-OLED, une technologie splendide en intérieur mais fragile face aux éléments. Je ne réclame pas l’impossible, juste un peu d’honnêteté: qu’on cesse de vendre une promesse de plein soleil que le téléphone est programmé pour renier dès qu’il fait chaud.
Société Qobuz vient d’annoncer une croissance de 45,7% et son passage à l’équilibre, belle revanche d’un acteur français qui a parié sur la qualité sans compromis plutôt que sur la gratuité publicitaire. Utilisateur fidèle du seul service d’achat et de téléchargement, j’y vois autant un plaisir esthétique qu’un geste de souveraineté. Mais treize ans après l’avoir payé, le « Hotel California » qui m’avait fait découvrir la plateforme m’est aujourd’hui refusé au retéléchargement, droits révoqués par le label, facture envolée avec lui. Cette mésaventure pose la vraie question, celle d’un « achat » qui n’est en réalité qu’une licence d’accès révocable, et rappelle que le bien numérique nous échappe dès qu’un intermédiaire le détient à notre place. La seule propriété qui vaille reste celle que l’on rapatrie et que l’on tient physiquement entre ses mains.
Cryptomonnaies Le bot de trading crypto séduit le développeur parce qu’il marie maîtrise technique et promesse de revenu passif, et c’est précisément ce qui devrait alerter. L’argument de la décorrélation s’est effondré : la corrélation entre le Bitcoin et les actions atteint désormais ses sommets pendant les krachs, exactement quand on aurait besoin qu’elle disparaisse. L’edge supposé d’un bot amateur n’existe pas face aux firmes algorithmiques, et le paper trading ment systématiquement à la hausse en ignorant le glissement et les frais taker qui dévorent l’alpha à chaque aller-retour. Même justifiée, une poche crypto se dimensionne en budget de risque et tombe à 1 à 3 pour cent du capital, un enjeu sans commune mesure avec l’effort d’ingénierie qu’un bot exige. Reste alors la seule question honnête : cherche-t-on un loisir technique ou un outil patrimonial, car le DCA automatisé et le rééquilibrage par API servent un capital réel là où le bot ne sert qu’un fantasme.