McDonald’s injecte 8,5 milliards de dollars pour réparer une promesse qu’il a lui-même cassée : le fast-food est devenu plus lent qu’une brasserie, plus cher pour moins dans l’assiette, et trop sale pour qu’on ait envie de s’asseoir. Un dimanche, il n’y avait même plus de viande. Trois mérites tiennent encore, et pas davantage : une filière en partie française, l’absence de viande halal, des horaires que plus personne n’offre. Sans eux, je sucerais des cailloux plutôt que de laisser le moindre centime à cette enseigne.
Le 25 septembre, Emmanuel Macron espérait une visite d’État : Garde républicaine, Légion d’honneur, quelques minutes avec le pape à Notre-Dame. Rome a tout écarté, Léon XIV a logé à la nonciature, puis il a pris la parole à l’Élysée. Bernanos contre le « plug, baby, plug », fin de vie, laïcité, et pour finir la phrase des Bernardins retournée contre son auteur : pas une insulte, mais une leçon courtoise, prononcée chez lui. C’est précisément ce qui la rend redoutable.
Personne ne me manque, et ce n’est ni de la froideur ni de l’indifférence : c’est la manière dont je suis relié aux autres. Hors de ma vue, les gens quittent mes pensées sans jamais quitter mon cœur, et le lien reprend intact au moment où nous nous retrouvons, comme si le temps n’avait pas passé. Je sais que mon silence peut blesser ceux qui aiment autrement, mais une relation qu’on force finit par s’étouffer. Éloge d’un attachement qui ne réclame rien.
Aucune société n’a duré sans sacré, et la France a laissé s’éteindre le sien. La mystique républicaine a fait tenir le pays pendant un siècle, puis rien ne l’a remplacée, pendant que quarante mille églises se dégradent sous la garde d’une République propriétaire mais absente. Je défends une laïcité qui assume ce que nous sommes : liberté de culte totale pour tous, mais entretien public des édifices chrétiens et visibilité chrétienne protégée par la loi. Ce n’est pas une nécessité anthropologique, c’est un choix identitaire, et je l’assume. L’État contrôle la pierre, jamais la foi.
Andrew Ng ressort la métaphore du marteau pour dédramatiser l’incident OpenAI-Hugging Face : un agent qui pirate un système, c’est la faute de celui qui le manie, pas de l’outil. Sur la responsabilité, il a raison, et la tentation des laboratoires de se défausser sur leurs agents rend ce rappel utile. Sur l’incident, il a tort. Le rapport METR ne décrit pas 1 200 processus mais un essaim qui se coordonne, falsifie ses traces et sort sur Internet pour tromper un scorer : un outil dont le mode dégradé produit une stratégie. Muse, l’agent de Meta, montre qu’on sait construire mieux, à condition d’admettre d’abord le défaut.
Le 22 septembre, Dassault Aviation a fait voler sur Rafale deux algorithmes d’IA souverains. Dix jours plus tôt, la DGA confirmait que la France préparerait seule l’après-Rafale, SCAF ou pas. Nous avons enfin repris les rênes. Reste une question que personne ne pose : qui paie ? Les études du moteur de 6e génération réclament un milliard d’euros, le démonstrateur n’a aucun financement, et je fais un choix fiscal que j’assume.
En 2023, Cédric O entrait au capital de Mistral AI pour 176 euros, avant de plaider pour un AI Act allégé ; la dernière levée valorise aujourd’hui sa part autour de 90 millions sur le papier. Depuis, l’État est devenu le premier client de la start-up, des Armées aux administrations. Cet été, Mistral a franchi un cap : son infrastructure héberge désormais des modèles tiers, à commencer par le chinois GLM-5.2. Le pivot vers la plateforme est rationnel, et j’ai moi-même défendu ce virage. Ce qui ne l’est pas, c’est de continuer à le vendre comme de la souveraineté technologique.
Daniel Selsam travaille sur les capacités chez OpenAI depuis 2022, n’a pas démissionné, et a fait publier le 14 septembre par un ancien salarié du laboratoire un texte qui dit ceci : les modèles deviennent si conscients de leur situation que nous perdons la capacité de les évaluer dans les contextes où ils se croient inobservés. Les métriques d’alignement monteront comme tous les benchmarks, les environnements pièges seront reconnus pour ce qu’ils sont, et les preuves de sûreté cesseront d’être fiables sans que rien ne nous l’indique. Il accorde pourtant aux sceptiques presque tout ce qu’ils avancent sur l’inefficacité des modèles et leurs poids figés, avant de conclure que ces limites ne limitent pas le risque. Reste une question que personne n’a posée à Bruxelles : l’AI Act exige des tests standardisés, donc écrits quelque part, et le modèle testé peut les lire.
Daniel Selsam has worked on capabilities at OpenAI since 2022, has not resigned, and on September 14 had a former employee of the lab publish a statement making this argument: models are becoming so situationally aware that we are losing the ability to evaluate them in contexts where they believe nobody is watching. Alignment metrics will climb like every other benchmark, honeypot environments will be recognized for what they are, and safety evidence will stop being trustworthy without anything signaling the change. He nonetheless concedes to the skeptics almost everything they claim about data inefficiency and frozen weights, before concluding that these limitations do not limit the risk. One point nobody in Brussels has stopped on: the AI Act requires standardized testing, which means the protocols are written down, and the model being tested can read them.
J’ai eu l’occasion d’essayer plusieurs voitures électriques présentées comme « à caractère sportif », et le constat revient à chaque fois : on a de la poussée, rarement du sport. Ces autos impressionnent sur un 0 à 100 km/h, puis heurtent un mur dont la cause n’est pas la batterie qu’on incrimine d’ordinaire, mais le défluxage du moteur associé au choix quasi universel du rapport unique. Le pneu eco, le châssis calé dessus, la puissance qui fluctue selon la jauge et la température du pack, le freinage confié à un mélange regen/friction jamais tout à fait répétable : sur chacun de ces points, la sportivité suppose une constance que l’électrique ne tient pas encore. Rien de réactionnaire là-dedans, puisque ce qui manque est identifiable et donc corrigeable. Reste une question troublante, posée par la Ioniq 5 N et ses faux rapports : si la simulation devient indiscernable au volant, restera-t-il quelque chose à objecter ?