Euro numérique

La BCE présente l’euro numérique comme une modernisation du paiement. Cette catégorie part d’une autre lecture : une monnaie de banque centrale détenue directement par le citoyen change la nature du rapport entre lui et l’institution qui l’émet, et aucune des garanties promises n’est irréversible, puisqu’elles tiennent toutes à un règlement modifiable. Vous y trouverez le dossier suivi de près depuis 2025 : la programmabilité et ce qu’elle rend techniquement possible, le volet interbancaire déployé pendant que le débat public se concentre sur le grand public, le coût d’un projet estimé en dizaines de milliards quand un réseau national éprouvé existe déjà, le mode hors ligne dont l’anonymat dépend d’une puce contrôlée par Apple et Samsung, et Wero, présenté comme une souveraineté des paiements mais hébergé chez un fournisseur américain. Écrit avec le souci de séparer ce qui est écrit dans les textes de ce qui est promis dans les communiqués, et sans confondre la critique d’un instrument avec le refus de la dématérialisation.

Euro numérique offline : votre argent en location dans une puce

La BCE promet un euro numérique hors ligne « comme du cash » : sans réseau, anonyme, résilient. Mais ce cash digital ne peut exister qu’à l’intérieur d’une puce inviolable de votre téléphone, dont l’accès est contrôlé par Apple, Samsung et Google, et que l’article 33 du règlement doit contraindre par la loi à s’ouvrir. Portefeuille plafonné, applet mise à jour à distance, anonymat borné par les contrôles AML au chargement et au déchargement : vous n’êtes plus propriétaire de votre argent, vous êtes locataire d’un espace sur une puce. Le billet de banque, lui, n’a jamais demandé la permission de circuler. Cette différence a un nom : la liberté de payer sans demander.

Euro numérique : Aurore Lalucq a raison, et c’est tout le problème

Le feu vert du Parlement européen à l’euro numérique est présenté comme une victoire historique pour notre souveraineté, mais il s’agit en réalité d’un redoutable outil de contrôle centralisé. Sous couvert de nous libérer de la dépendance américaine à Visa ou Mastercard, ce projet ne se contente pas de réparer des tuyaux de paiement : il crée un liquide monétaire inédit, détenu directement auprès de la BCE et ajustable par décret. Cette infrastructure politique permettra notamment à l’institution de confisquer silencieusement la déflation par la productivité que l’intelligence artificielle nous doit, en inondant le marché pour empêcher les prix de baisser. En confondant volontairement la souveraineté des institutions et celle des individus, l’Europe se dote de l’instrument ultime pour capter notre prospérité à défaut de savoir encore la produire.

Wero : souveraineté des paiements, serveurs de Bezos, l’oxymore qui coûte cher

Le 21 avril 2026, le Groupe BPCE annonçait en grande pompe les premières transactions e-commerce Wero en France. Le même jour, Netzpolitik.org révélait qu’EPI avait dû admettre que Wero fait tourner son infrastructure critique sur les serveurs d’Amazon Web Services. En novembre 2025, cette même EPI torpillait l’euro numérique de la BCE au nom de la souveraineté : un projet qui, par construction, aurait reposé sur l’infrastructure nativement souveraine de l’Eurosystème. Construire Wero sur AWS, c’est comme bâtir un ministère de la Défense européen sur un terrain loué à une puissance étrangère : le propriétaire a toujours le double des clés, et peut couper l’eau quand un juge fédéral le lui demande. Sans roadmap publique de migration vers une infrastructure SecNumCloud, le slogan « solution forte et indépendante » reste une belle affiche collée sur un mur américain.

Mot de passe volé, Freedom.gov et euro numérique : la semaine où tout s’est fissuré

L’État français perd 1,2 million de données bancaires sur un mot de passe volé. La même semaine, l’administration Trump dévoile Freedom.gov, un VPN gouvernemental confié à une activiste du Premier Amendement et à un ancien du DOGE accusé d’avoir exposé 300 millions de numéros de sécurité sociale. Pendant ce temps, l’Europe annonce vouloir numériser notre monnaie. Trois promesses de confiance numérique, trois faillites symétriques et au milieu, des citoyens à qui l’on demande de choisir leur tuyau sans jamais voir qui est à l’autre bout.

CB + Wero : alliance naturelle ou absorption programmée ?

CB revient sur le devant de la scène, Wero s’allie aux systèmes nationaux européens : le tandem est séduisant sur le papier. Mais personne ne pose la vraie question, dans un monde qui se dématérialise, Wero ne risque-t-il pas de cannibaliser CB plutôt que Visa et Mastercard ? Entre absorption douce par Francfort et euro numérique en embuscade, la complémentarité affichée pourrait n’être qu’une transition organisée. La question n’est plus technique : qui décidera du sort de CB dans cinq ans ?

Wero : victoire des nations ou antichambre de la BCE ?

Le 2 février 2026, cinq systèmes de paiement nationaux (français, espagnol, italien, portugais, nordiques) ont signé un accord d’interopérabilité. 130 millions d’utilisateurs pourront bientôt payer sans Visa ni Mastercard. Une victoire pour les souverainetés nationales face aux géants américains ? Peut-être, à condition que la BCE ne récupère pas le projet pour imposer son euro numérique.

Euro numérique interbancaire : regardez ailleurs, la BCE construit votre cage

Pendant que tout le monde débat de l’euro numérique grand public, la BCE déploie silencieusement sa version interbancaire. 64 participants, plus de 50 expérimentations : l’infrastructure technique est déjà en place. Une fois ces rails posés, basculer vers le contrôle des citoyens deviendra une simple formalité. C’est la stratégie du salami appliquée à la monnaie : découper une révolution inacceptable en tranches techniques que personne ne conteste.

Euro numérique : programmabilité, surveillance et contrôle des citoyens

La BCE présente l’euro numérique comme une monnaie moderne et sécurisée. Mais derrière cette innovation se cache un risque réel : la programmabilité pourrait restreindre vos dépenses et chaque transaction serait traquée. Angélique Furet et d’autres voix alertent sur ce contrôle algorithmique qui menace nos libertés. Découvrez pourquoi cet euro numérique pourrait devenir un outil de surveillance et de dirigisme économique.

Euro numérique : pourquoi réinventer une roue carrée ?

L’euro numérique, projet pharaonique de la BCE estimé à 20-30 milliards d’euros, réinvente une roue déjà bien ronde : le réseau CB, souverain et économique. Ignorer cette solution éprouvée au profit d’une chimère technocratique risque de coûter cher aux Européens. Pourquoi ne pas moderniser CB pour créer un système de paiement européen efficace et abordable ?

Euro numérique : le cheval de Troie américain de notre servitude

La BCE présente l’euro numérique comme une avancée moderne et sécurisée. En réalité, c’est une monnaie de contrôle, capable de fracturer notre système monétaire et de menacer nos libertés. Derrière le vernis technologique se cache un cheval de Troie politique, conçu pour renforcer le pouvoir des États. Refuser l’euro numérique, c’est défendre l’égalité et la liberté économique.