Europe L’interdiction de séjour infligée par Washington à Thierry Breton et plusieurs commissaires européens constitue une humiliation diplomatique révélatrice. Elle expose la vacuité d’une prétendue souveraineté européenne brandie par des élites qui ont méthodiquement détruit les fondements de notre puissance. Incapables de générer une autonomie stratégique réelle, dépendants militairement des États-Unis, nos dirigeants découvrent brutalement que l’arrogance bureaucratique ne remplace pas la force effective. Cette gifle américaine pourrait être salutaire si elle provoque enfin l’éviction d’une génération de technocrates incompétents.
Souveraineté numérique Air France équipe sa flotte de Starlink pour offrir un Wi-Fi performant à ses passagers, déclenchant une vague d’indignation chez les politiques français qui dénoncent le choix d’une technologie américaine. Pourtant, les chiffres sont sans appel : Starlink dispose de 9 000 satellites en orbite basse contre 630 pour Eutelsat, offrant une latence 14 fois supérieure. Le vrai scandale n’est pas qu’Air France ait fait ce choix rationnel, mais que l’Europe soit incapable de produire une alternative compétitive après des décennies d’étatisme, de bureaucratie et de projets spatiaux qui accumulent les retards. La souveraineté ne se décrète pas : elle se construit par l’excellence, l’innovation et le courage de prendre des risques.
Démocratie Depuis quelques semaines, Charles Alloncle révèle méthodiquement la gabegie de l’audiovisuel public français. Son travail parlementaire devrait être banal, il est devenu exceptionnel. Car soyons honnêtes : quand une commission d’enquête a-t-elle produit de vraies conséquences pour la dernière fois ? Benalla toujours libre, Schiappa recasée, Kohler protégé par le parquet… Les commissions d’enquête sont devenues en France l’art d’enterrer les scandales en donnant l’illusion de les déterrer.
Démocratie Emmanuel Macron qualifie les réseaux sociaux d' »épreuve pour la démocratie ». Cette formulation trahit une conception autoritaire du débat public : ce qui constitue la première véritable agora numérique de l’histoire serait donc une menace. En réalité, les réseaux sociaux ne mettent pas la démocratie à l’épreuve, ils révèlent que nos dirigeants appelaient « démocratie » une oligarchie communicationnelle où seules certaines voix avaient le droit d’être amplifiées. Le choix du mot « épreuve » prépare les esprits à de futures restrictions : protéger, dans le langage macronien, signifie invariablement museler.
Politique Le 11 décembre 2025, le Groupe Brandt est placé en liquidation judiciaire, rayant d’un trait de plume 700 emplois et un siècle d’histoire industrielle française. Pourtant, de 1924 à 1990, Brandt était un leader européen prospère et innovant, numéro 1 sur tous les segments de l’électroménager. Ce n’est pas la mondialisation qui l’a tuée : c’est une série de décisions bureaucratiques catastrophiques – cession à un repreneur fragile en 1992, fusion forcée avec Moulinex moribond en 2000, vingt-trois ans d’acharnement thérapeutique avec trois repreneurs successifs eux-mêmes en difficulté.
Politique Aux Bordes-sur-Arize en Ariège, 400 agriculteurs bloquent l’accès à une ferme pour empêcher l’abattage de 208 vaches dont une seule – déjà morte – était atteinte de dermatose nodulaire contagieuse. Pendant que la Cour des comptes et Bruxelles plaident depuis deux ans pour une « réduction importante du cheptel bovin », l’État français refuse tout protocole alternatif et envoie les CRS pour euthanasier 207 bêtes saines, au nom d’une réglementation européenne que l’Italie et l’Espagne contournent pourtant par la vaccination depuis octobre. Entre les technocrates qui théorisent la « densité optimale du bétail » dans leurs bureaux climatisés et les éleveurs qui proposent des solutions vétérinaires rationnelles, le fossé n’a jamais été aussi abyssal.
Démocratie On parle sans cesse de la crise de régime en France, des institutions à réformer, du 49.3 à abolir. Mais personne ne veut regarder en face cette vérité dérangeante : la crise institutionnelle est indissociable d’une crise de recrutement du personnel politique. L’effondrement est triple – moral avec l’opportunisme généralisé, cognitif avec la disparition de toute pensée de fond, symbolique avec l’absence totale de figures incarnant quelque chose qui les dépasse. La Ve République a transformé les partis en salles d’attente présidentielles plutôt qu’en laboratoires d’idées, sélectionnant ainsi les pires au lieu des meilleurs.
Société Depuis des années, un rituel pathétique se joue sur les plateaux télé : le journaliste-procureur face au politique-accusé, dans une mascarade du « Condamnez-vous ? » répétée à l’infini. Mais qui sont ces gens pour s’arroger cette légitimité morale ? Cette question ritualisée, dont la réponse est connue d’avance, ne sert qu’à éviter les vrais débats de fond. Pire encore : cette arme rhétorique fonctionne à géométrie variable, utilisée avec acharnement dans un seul sens idéologique, tandis que le public, drogué à l’indignation, réclame sa dose quotidienne de mise à mort symbolique.
Politique La Cinquième République, cette construction politique qui a survécu à tant de crises, vacille aujourd’hui face aux cartels de drogue. Ces organisations criminelles ne cherchent pas à renverser le pouvoir : elles créent un contre-État plus efficace que nos institutions, comblant le vide laissé par une République absente. L’ironie est cruelle : c’est l’État lui-même qui a généré ce monstre en criminalisant des substances, créant ainsi un marché noir colossal. Quelques mots sur un système qui s’effondre de l’intérieur, piégé par ses propres interdictions et vidé de toute substance identitaire.
Économie On nous répète que sans l’État-providence, la France n’aurait jamais eu d’écoles, d’hôpitaux ou de chemins de fer. C’est faux. L’État-providence apparaît tardivement, entre 1940 et 1947, alors que tout existe déjà depuis des siècles : l’Église a créé les réseaux d’éducation et de santé dès le IXe siècle, les entrepreneurs privés ont industrialisé le pays aux XVIIIe et XIXe siècles. L’État n’a rien bâti : il s’est contenté d’arriver après coup pour nationaliser, taxer et dégrader ce que d’autres avaient construit.