Politique

La politique, telle qu’on la pratique en France depuis qu’un certain monarque républicain a décidé que le peuple était un détail d’ambiance, est un spectacle dont il faut avoir le cœur bien accroché pour supporter la représentation complète : huit Premiers ministres en huit ans sans que personne ne démissionne de honte, des commissions d’enquête qui enterrent les scandales qu’elles feignent de déterrer, un audiovisuel public dont la gabegie ne choque plus que celui qui prend la peine de compter, des agriculteurs qui bloquent les péages parce que c’est le dernier endroit où l’État consent à les voir, une censure déléguée à Bruxelles que le Conseil constitutionnel avait pourtant refusée quand elle s’appelait encore loi Avia, et un euro numérique conçu pour savoir où va chaque centime de votre poche pendant que des milliards disparaissent sans procès-verbal. Cette catégorie est celle d’un citoyen qui refuse le clivage gauche-droite quand les deux camps partagent la même incompétence et le même mépris, qui lit les textes avant de commenter les postures, qui considère que la souveraineté n’est ni une nostalgie ni un gros mot mais la condition élémentaire pour qu’un vote signifie quelque chose. On y trouvera des autopsies de gouvernements mort-nés, des analyses de la mécanique européenne qui broie les nations au nom de la paix, des décryptages de la censure numérique institutionnalisée, des billets sur la fiscalité comme instrument de soumission, des chroniques sur Starlink, l’e-ID suisse, les ZFE, le Mercosur, Duralex, et tout ce qui révèle qu’en politique française, le problème n’est jamais le problème affiché — avec la conviction qu’un peuple qui ne nomme plus ses maîtres a déjà cessé d’être libre.

Si les profits appartiennent aux salariés, les pertes aussi, non ?

Le refrain est connu : quand la boîte fait 200 000 € de bénéfice, c’est le travail des ouvriers qui a créé la richesse. Mais quand elle perd 50 000 € parce que le marché s’est retourné, on entend beaucoup moins de monde réclamer la symétrie. Le salarié risque son emploi, ses arriérés, sa retraite. L’actionnaire risque sa mise. Les deux risquent, mais pas la même chose, et c’est précisément ce déséquilibre qu’il faut discuter honnêtement, chiffres en main. Une réponse cohérente existe d’ailleurs : la coopérative, où tout le monde est exposé. Et quand ça casse, comme chez Duralex, ce sont bien les salariés-sociétaires qui perdent leur épargne. Donc, vraie question : vous assumez la symétrie, ou vous voulez juste les avantages du capitalisme sans les inconvénients ?

Rapport Alloncle : Comment Sébastien Lecornu a lu 400 pages en deux heures (ou pas)

Le rapport Alloncle est sorti ce matin à 8h56, Sébastien Lecornu publiait sur X un tweet de réaction. Près de quatre cents pages digérées en deux heures par un Premier ministre : l’exploit est tel qu’il vaut la peine d’en regarder la mécanique. Le tweet n’est pas une réaction, c’est une riposte préfabriquée, calibrée à partir des fuites des dernières semaines pour occuper le terrain médiatique avant que quiconque ait ouvert le PDF. Décorticage phrase par phrase d’un petit chef-d’œuvre de communication politique vidée de toute substance, où l’on retrouve les trois tics du macronisme finissant : la fuite vers la vision, la sous-traitance aux autorités indépendantes, la neutralisation par récupération. Spoiler : on sait déjà comment ça finit.

Une fuite par heure : la cryptographie zero-knowledge existe, la France n’en veut pas

Une fuite de données toutes les heures en France, 12,2 millions de personnes exposées en 2025, 36,8 millions de dossiers France Travail sur le dark web : ce n’est pas une fatalité, c’est un choix d’architecture. Une famille de techniques cryptographiques, les preuves à divulgation nulle de connaissance, dites zero-knowledge, permet de prouver son âge, sa résidence ou ses revenus sans transmettre la moindre donnée personnelle. Elle existe depuis 1985, elle tourne en production chez Google, Apple et Cloudflare, elle est inscrite dans le règlement eIDAS 2.0. Elle n’arrive pas dans les administrations françaises, et ce n’est pas un problème technique. Quand l’État tire avantage d’un environnement durablement non sécurisé pour justifier France Identité, l’euro numérique programmable et chaque nouvelle couche de centralisation, le déploiement d’une cryptographie qui rendrait tout cela inutile n’est pas un oubli : c’est un choix.

#FastAndFourrière : la Gendarmerie nationale, ses tweets et le contribuable

La Gendarmerie nationale gère un compte X à un million d’abonnés, une doctrine de communication formalisée, des hashtags soignés, et un budget de près de onze milliards d’euros par an financé par le contribuable. Le hashtag #FastAndFourrière, empruntant au cinéma d’action américain, transforme chaque interception routière en contenu marketing, en rupture totale avec la tradition militaire française de retenue. Ce n’est pas la mission qui est en cause, ni sa légalité : c’est la posture, et surtout ce qu’elle révèle par contraste. Car pendant que l’institution tweete avec emojis ses radars et ses fourrières, son rapport 2024 ne consacre plus que quatre pages à l’usage de la force létale, et ses signalements internes ont progressé de 28 % en un an. On ne se félicite pas de faire son devoir.

Autoroutes : 33€ de dividendes sur 100€ de péage. Et maintenant ?

En 2005, sous des gouvernements de gauche comme de droite, l’État a cédé 90 % du réseau autoroutier français pour 14,8 milliards d’euros — opération mal calibrée dès l’origine : le Sénat, l’IGF et la Cour des comptes documentent une rentabilité actionnaire de 11 à 12 % sur des concessions à risque quasi nul, avec 40 milliards de surprofit projeté d’ici 2036, mécaniquement amplifié par une indexation tarifaire sur l’inflation que les coûts fixes des concessionnaires ne suivent pas. La renationalisation reste piégée par son coût prohibitif et la compétence opérationnelle perdue en vingt ans. Une action collective portée par Maître Lèguevaques devant le Conseil d’État conteste la légalité du mécanisme d’indexation — interdit en droit français, jamais précisément encadré pour les péages — et constitue aujourd’hui le seul levier concret disponible. Les abonnés au télépéage peuvent rejoindre la procédure sur myleo.legal pour 36 euros, avant le 30 juin 2026.

Le stationnement payant : autopsie d’une arnaque institutionnalisée

Loin d’être une solution à la mobilité, le stationnement payant est une fiscalité déguisée dont les recettes nationales ont bondi de 84 % depuis la réforme de 2018. À Saint-Marcellin comme ailleurs, l’argument des « voitures ventouses » n’est qu’un écran de fumée pour installer une surveillance automatisée par LAPI et déléguer le contrôle à des intérêts privés. Ce système de rotation forcée ne fluidifie rien : il multiplie les trajets inutiles, asphyxie le petit commerce et taxe les riverains jusqu’au pas de leur propre porte. En transformant l’espace public en produit financier, les élus préfèrent la rentabilité facile au courage d’appliquer le Code de la route existant. C’est une arnaque institutionnalisée qui frappe d’abord les plus précaires sous couvert d’un faux vernis écologique.

L’angle mort du FMI : pourquoi nous ne sommes pas prêts pour le choc énergétique de 2026

Le FMI table sur -0,2 % de croissance en 2026. Les données réelles (raffineries détruites, terminaux hors service, pénuries sectorielles) dessinent un scénario à -1,5 % pour les pays développés. Les modèles standards raisonnent en prix, pas en volumes, et ignorent les effets de seuil : une perte de 10 % d’énergie provoque une chute de 15 % dans l’industrie lourde. Entre les prévisions rassurantes et la crise qui vient, personne ne prépare l’opinion et chaque jour perdu est un jour de moins pour organiser la résilience collective.

Duralex : le jour où la réalité a rattrapé le storytelling (et viré le conteur)

François Marciano, directeur général de Duralex, a été brutalement écarté le 12 avril 2026, cinq mois après que j’ai prédit qu’une nouvelle crise éclaterait « dans six mois maximum ». Malgré 8 millions levés en novembre 2025 via crowdfunding et une cagnotte solidaire en janvier, l’EBE de la SCOP est négatif de plus de 4 millions d’euros. Les salariés-actionnaires qui ont cru sauver leur entreprise découvrent qu’ils risquent une double peine : perdre simultanément leur emploi et leur épargne personnelle investie dans la coopérative. La Lettre Valloire confirme ce que j’annonçais depuis août 2025 : « Gouvernance instable, stratégie contestée, dépendance croissante à des financements externes : la SCOP vacille. » Dans 12 à 18 mois, Duralex sera soit reprise par un industriel, soit en redressement judiciaire.

Lettres de cachet numériques : comment l’UE punit sans juger

L’Union européenne frappe désormais ses propres citoyens de sanctions économiques sans procès, sans juge, sans loi pénale définissant l’infraction reprochée. Un colonel suisse et un journaliste allemand ont vu leurs comptes gelés pour avoir exprimé des analyses qui déplaisent au Conseil européen ; contraints de demander des dérogations humanitaires pour se nourrir. Ces mesures, étiquetées « administratives » pour contourner les garanties du droit pénal, infligent pourtant des conséquences plus lourdes qu’une condamnation judiciaire : interdiction de travailler, de voyager, de recevoir la moindre aide. Cette dérive s’inscrit dans une escalade méthodique en trois temps : la censure déléguée aux plateformes via le DSA, l’infrastructure de contrôle (identité numérique, euro numérique), et désormais la sanction existentielle par gel des avoirs. En transformant l’opinion politique en motif de mort civile, l’UE bascule du soft power au hard power ; et piétine les principes mêmes de l’État de droit qu’elle prétend défendre.