La politique, telle qu’on la pratique en France depuis qu’un certain monarque républicain a décidé que le peuple était un détail d’ambiance, est un spectacle dont il faut avoir le cœur bien accroché pour supporter la représentation complète : huit Premiers ministres en huit ans sans que personne ne démissionne de honte, des commissions d’enquête qui enterrent les scandales qu’elles feignent de déterrer, un audiovisuel public dont la gabegie ne choque plus que celui qui prend la peine de compter, des agriculteurs qui bloquent les péages parce que c’est le dernier endroit où l’État consent à les voir, une censure déléguée à Bruxelles que le Conseil constitutionnel avait pourtant refusée quand elle s’appelait encore loi Avia, et un euro numérique conçu pour savoir où va chaque centime de votre poche pendant que des milliards disparaissent sans procès-verbal. Cette catégorie est celle d’un citoyen qui refuse le clivage gauche-droite quand les deux camps partagent la même incompétence et le même mépris, qui lit les textes avant de commenter les postures, qui considère que la souveraineté n’est ni une nostalgie ni un gros mot mais la condition élémentaire pour qu’un vote signifie quelque chose. On y trouvera des autopsies de gouvernements mort-nés, des analyses de la mécanique européenne qui broie les nations au nom de la paix, des décryptages de la censure numérique institutionnalisée, des billets sur la fiscalité comme instrument de soumission, des chroniques sur Starlink, l’e-ID suisse, les ZFE, le Mercosur, Duralex, et tout ce qui révèle qu’en politique française, le problème n’est jamais le problème affiché — avec la conviction qu’un peuple qui ne nomme plus ses maîtres a déjà cessé d’être libre.
L’UE inaugure NanoIC, une ligne pilote à 700 millions d’euros chez imec à Louvain, dans le cadre du Chips Act européen. Même portée à 2,5 milliards avec les cofinancements, l’enveloppe reste dérisoire face aux 165 milliards de dollars investis par TSMC rien qu’en Arizona. Pendant ce temps, la France (qui possède avec le CEA-Leti et l’écosystème grenoblois l’un des meilleurs atouts européens en semiconducteurs) regarde Bruxelles financer du prototypage en Belgique. Entre saupoudrage communautaire et absence de stratégie industrielle souveraine, l’Europe confond vitrine et usine.
La droite alternative filme ses humiliations sur le terrain et les diffuse en boucle pour susciter l’indignation. Résultat : des images de faiblesse qui contredisent le discours d’autorité, découragent les sympathisants et offrent aux censeurs du DSA la justification idéale pour modérer ces voix. Le courage individuel n’est pas en cause, c’est l’absence totale d’organisation et de stratégie de communication qui transforme le reportage de terrain en auto-sabotage.
Le Congrès américain a publié un rapport de 160 pages, appuyé sur des documents internes obtenus par assignation auprès de Meta, Google, TikTok et X, révélant comment la Commission européenne a bâti en dix ans un appareil de contrôle du discours en ligne. La France y a joué un rôle actif, poussant à Bruxelles ce que le Conseil constitutionnel avait refusé avec la loi Avia. Des codes de conduite secrets aux Trusted Flaggers, le DSA a légalisé un système de censure déléguée sans contrôle démocratique. Cinq propositions concrètes pour replacer la liberté d’expression sous la protection du juge et du Parlement.
La loi Lang et le prix unique du livre sont présentés comme des remparts de la culture française. En réalité, ce système protège surtout les intermédiaires – éditeurs, distributeurs, libraires – pendant que 75 % des auteurs gagnent moins de 10 000 € par an. Entre subventions publiques et TVA réduite, c’est une illusion coûteuse qui maintient artificiellement un modèle en sursis, au détriment de ceux qui créent vraiment.
Dans le vacarme des acronymes et du storytelling Web3, il ne reste qu’une seule chose vraie : Bitcoin. Tandis qu’Ethereum s’enfonce dans une bureaucratie algorithmique pour spéculateurs, le reste du « zoo crypto » n’est qu’un cimetière de promesses en plastique. Bitcoin, avec sa rareté mathématique gravée dans le code, est la seule monnaie qui ne ment pas.
En France, en 2026, les enlèvements et home-jackings crypto se multiplient tandis que DAC8 force les plateformes à transmettre automatiquement chaque transaction au fisc. Dans un pays où les fuites de données sont devenues banales et où même une fonctionnaire des impôts a vendu des informations sur des investisseurs crypto à des réseaux criminels, on oblige les détenteurs à confier leur historique complet à des structures poreuses. Le message est clair : votre insécurité physique et numérique est l’outil parfait pour vous ramener dans l’enclos bancaire, tracé, taxé et saisissable.
Pascal Praud et Sonia Mabrouk ont pris leurs distances avec le maintien de Jean-Marc Morandini sur CNews, malgré sa condamnation définitive pour corruption de mineurs. Laurence Ferrari leur a emboîté le pas ce 25 janvier, affirmant sa solidarité avec les victimes tout en assurant sa loyauté à la direction. Mais ces prises de position individuelles ne masquent pas l’incohérence fondamentale : comment une chaîne qui dénonce quotidiennement le déclin moral de la gauche peut-elle conserver à l’antenne un homme condamné par la justice ? Vincent Bolloré doit trancher pour restaurer la crédibilité d’une alternative médiatique aujourd’hui minée par ses propres contradictions.
« Nous recrutons un stagiaire » : des mots qui sonnent comme une annonce sérieuse, presque flatteuse, et qui masquent en réalité l’un des mensonges les plus polis du marché du travail français. Derrière le verbe noble du recrutement se cache une main-d’œuvre jetable, payée 4,50 € de l’heure, autonome et opérationnelle à souhait… mais surtout remplaçable tous les six mois sans charges ni engagement. C’est l’indécence ordinaire d’entreprises qui exigent des perles rares tout en traitant leurs stagiaires comme des Kleenex linguistiques.
La social-démocratie n’était pas un modèle éternel, mais une parenthèse enchantée : population jeune, croissance folle, énergie bon marché. Aujourd’hui, avec un indice de fécondité à 1,56 et un solde naturel négatif pour la première fois depuis 1945, le système s’autodévore sous le poids d’une dette que nos petits-enfants ne rembourseront jamais. On demande à une jeunesse rare de financer un modèle gériatrique dont elle ne verra jamais les fruits, pendant que la philia (ce lien minimal qui rend la redistribution possible) s’effrite irrémédiablement. Il est temps de construire son propre canot de sauvetage, car le vieux monde s’écroule et personne ne viendra nous chercher.
L’ADEME, avec ses 4 milliards d’euros de budget, vient de confier une étude stratégique sur les datacenters à des consultants militants plutôt qu’à ses propres ingénieurs. Ces mêmes consultants qui diagnostiquent la catastrophe vendront ensuite leurs services pour « accompagner la transition ». Il est temps de dissoudre cette agence devenue un organe de propagande décroissante au service d’intérêts privés.