Souveraineté numérique Le 8 septembre 2026, OpenAI a répondu par écrit à un mathématicien qui lui demandait si son modèle avait appris sur les brouillons versés pendant un an dans Codex : improbable, mais nous ne pouvons pas l’exclure. Ce n’est pas une preuve que ces brouillons ont servi, c’est le refus d’un fournisseur de dire non. La lecture des conditions d’utilisation explique cette prudence : entraînement, accès et rétention sont trois contrôles distincts, et « session privée » ne veut rien dire tant qu’on ne sait pas le type de compte et la case cochée. Pour tout développeur qui confie à un assistant de code ce qui le distingue et n’est pas encore publié, la question a cessé d’être théorique. L’affaire Navier-Stokes en encadré, et mon avis en fin d’article.
Intelligence artificielle On September 8, 2026, OpenAI answered in writing when a mathematician asked whether its model had learned from a year’s worth of drafts fed into Codex: unlikely, but we cannot rule it out. That is not proof the drafts were used. It is a vendor declining to say no. Reading the terms of service explains the caution: training, access, and retention are three separate controls, and « private session » means nothing until you know the account type and which box was checked. For any developer who hands a coding assistant the work that sets them apart and hasn’t been published yet, the question has stopped being theoretical. The Navier-Stokes affair is summarized in a box below, with my take at the end.
Intelligence artificielle Le 8 septembre 2026, OpenAI a annoncé qu’un essaim de 10 000 agents avait résolu Navier-Stokes en 88 heures, un chercheur d’Anthropic a démissionné en accusant les laboratoires de jouer nos vies, et l’OCDE a publié le pire PISA de l’histoire française. La veille, sur LCI, une candidate à l’Élysée n’avait rien trouvé à dire sur Pompidou. Un fil traverse ces séquences : tout le monde conjugue au futur, personne ne relit le passé. Les uns parce qu’ils fabriquent l’avenir à coups de tokens, les autres parce qu’ils n’ont plus de passé à leur disposition. La question française n’est pas de savoir si l’IA va nous tuer, mais qui, chez nous, saura encore lire la preuve.
Intelligence artificielle Napoléon, Cléopâtre ou Joséphine Baker qui vous racontent leur vie face caméra en trente secondes : ces vidéos générées par IA envahissent Instagram et TikTok, et elles sont plutôt efficaces comme divertissement. Le problème est ailleurs : l’IA ne sait pas l’histoire, elle assemble des motifs probables, d’où les anachronismes que les historiens relèvent à la chaîne. Tant qu’on les regarde comme une fiction, rien de grave ; le risque commence quand le format témoignage se fait passer pour une source, surtout sur les sujets sensibles. Et quand une Joséphine Baker synthétique conclut par une question sur le pays auquel on appartient, ce n’est plus de l’histoire, c’est de la ventriloquie.
Économie Le 19 août 2026, le Trésor américain a doublé en urgence le plafond de ses rachats de dette longue, déchirant un calendrier publié deux semaines plus tôt, au lendemain d’un plus haut de dix-neuf ans sur le taux à 30 ans. Le montant est anecdotique ; l’improvisation d’une institution dont toute la doctrine repose sur la prévisibilité ne l’est pas. Car un second emprunteur s’est invité au même guichet : les géants de l’IA, porteurs de 3 000 milliards de dollars d’engagements hors bilan qu’il faudra financer sur les mêmes échéances longues, auprès du même pool fini de fonds de pension et d’assureurs. L’État absorbe la volatilité, les hyperscalers émettent dans un marché stabilisé à ses frais, et le contribuable-emprunteur règle la différence dans son taux immobilier. La souveraineté ne se joue pas seulement dans les puces : elle se joue dans la file d’attente des emprunteurs.
Intelligence artificielle ComfyUI et n8n partagent la même grammaire visuelle, des nœuds et des connexions, mais n’exercent pas le même métier : l’un fabrique des médias avec des modèles IA, l’autre orchestre des événements, des services et des règles métier. Les opposer est donc un faux débat. La vraie question est de savoir où placer la frontière entre eux, et comment les assembler dans une architecture hybride où n8n pilote ComfyUI comme un moteur de rendu asynchrone. De la sécurisation de l’API au découplage des coûts GPU, cet article pose les règles de conception, illustrées par un cas concret : une usine de traduction et de lip-sync vidéo.
Intelligence artificielle L’apparition d’un filigrane statistique invisible dans les réponses de Claude marque un tournant problématique pour ses utilisateurs réguliers. Au-delà de ce tatouage imposé, le verrouillage des tokens d’abonnement hors de l’écosystème officiel et la fermeture d’Anthropic face à l’open-source créent de fortes frictions au quotidien. Face à une concurrence qui comble rapidement son retard, le rapport qualité-prix de la plateforme n’impose plus Claude comme un choix évident par défaut. Cet article détaille les cinq griefs majeurs qui me font aujourd’hui sérieusement envisager la résiliation de mes forfaits Pro et Max.
Intelligence artificielle Depuis l’entrée en application des obligations de transparence de l’AI Act, chaque texte produit par Claude porte une signature statistique invisible, tissée dans le choix des mots eux-mêmes. Anthropic a signé le code de bonnes pratiques européen et applique le marquage partout dans le monde, y compris là où aucun législateur ne l’a demandé. Le dispositif est techniquement solide, contrairement aux détecteurs qu’il remplace, mais son propre auteur reconnaît qu’une marque détectée ne prouve pas la paternité, et que son absence ne prouve rien non plus. Reste un signal que les institutions traiteront comme une preuve, une frontière linguistique qui suffit à l’effacer, et un modèle ouvert exécuté chez soi qui devient le privilège discret de produire du texte dont l’origine ne se lit pas.
Philosophie et existentialisme Le discours techno-optimiste ne promet plus des outils, il promet une délivrance : la fin des maladies, puis du vieillissement lui-même. Cet article n’essaie pas de dire si cette promesse tiendra, mais examine sa forme, qui emprunte la grammaire des eschatologies religieuses. Constater cette ressemblance ne suffit pourtant pas à disqualifier une thèse, sous peine de sophisme génétique. Ce qui distingue ici la science de la croyance n’est pas le contenu de la promesse, c’est le rapport à la preuve : quel résultat, quel échec ferait renoncer ? Une des grandes formes de foi de notre époque se constitue sous nos yeux, et elle s’écrit entièrement ailleurs.
Souveraineté numérique Pour son tout premier post sur X, Jensen Huang n’a pas parlé de GPU : il a partagé une lettre défendant les modèles ouverts, signée par NVIDIA, Meta, Mistral et Hugging Face, mais boudée par OpenAI et Anthropic. Cette liste d’absents en dit long : la frontière entre ceux qui signent et ceux qui s’abstiennent épouse celle qui sépare l’économie de l’ouverture de la rente du péage. Le texte parle de « leadership américain », mais chacun de ses arguments plaide, malgré lui, pour la souveraineté de tous les autres. Car un modèle ouvert ne connaît pas les frontières : le fichier qui diffuse l’IA dans les usines de l’Ohio permet aussi de faire tourner l’inférence chez soi, hors de portée du Cloud Act.