Sablière de La Condamine et les Clerc
Médecin de campagne devenu député, Antoine Sablière de La Condamine donne ses deux filles à deux familles qui marqueront Saint-Marcellin : les Brenier de Montmorand et les Clerc.
Le médecin de Saint-Romans
Né à Saint-Romans le 1er octobre 1724, Antoine Sablière de La Condamine obtient son titre de docteur à la faculté de Montpellier, l’une des plus réputées de France. Son père, prénommé lui aussi Antoine, officier de cavalerie et chevalier de Saint-Louis, a son portrait dans la grande salle du château du Mollard. Le médecin épouse Marie-Françoise Biosse du Plan (1747-1801), fille d’un juge-mage de Valence, recteur de l’université de cette ville.
Maire de Saint-Romans en 1790, il est de toutes les assemblées électorales de Saint-Marcellin et de Grenoble, dont il ouvre souvent la première séance comme doyen d’âge. Du 13 au 17 mars 1791, il préside à Saint-Marcellin l’assemblée du district qui remplace les prêtres réfractaires, et y loue les vertus du curé qu’il faut pourtant remplacer. Le 30 août 1791, à Grenoble, il est élu député à l’Assemblée législative, le troisième des neuf de l’Isère ; il y siège au comité des assignats et des monnaies, puis quitte la scène politique. Retiré dans sa maison forte de Calet, à Saint-Romans, il y meurt le 12 novembre 1817, à quatre-vingt-treize ans.
Ses deux filles
L’aînée, Jeanne-Françoise-Emmanuelle, née à Saint-Romans le 30 mai 1778, épouse le 1er mai 1801 le futur général Brenier de Montmorand, dans la chambre même de sa mère, à Calet : les églises n’étaient pas encore rouvertes. À la mort du docteur, Calet revient au général. La cadette, Antoinette-Herminie, née à Saint-Romans le 11 mai 1792, épouse le 30 mai 1810 Jean-François Clerc et meurt à Saint-Marcellin le 8 avril 1836.
Les Clerc
Originaire de Thodure, où on la trouve dès 1646, la famille Clerc apparaît à Saint-Marcellin au XVIIIe siècle dans le monde de la basoche : un Clerc, syndic des procureurs, défend en 1787 avec le maire la justice de Mantaille, un Clerc est secrétaire du district sous la Révolution, un Jacques Clerc adjoint au maire en l’an IX. Le père de Jean-François, procureur au bailliage en 1779, est nommé conseiller d’arrondissement le 22 décembre 1809. Jean-François Clerc (1779-1863) est à son tour maire de Saint-Marcellin. C’est à un membre de la famille qu’Alexandre-Augustin Vallier-Colombier vend au XIXe siècle la Fusilière, qui reste aux Clerc.
Son fils Maurice, né à La Sône le 24 avril 1818, passe par le collège de Saint-Marcellin et le lycée de Grenoble, commence la médecine à Paris, puis se tourne vers le droit. Notaire à Valence de 1846 à 1870, libéral, cofondateur de L’Indépendant de la Drôme et de l’Ardèche, il devient maire de Valence au lendemain du 4 septembre 1870, puis est élu en 1871 député de la Drôme, au siège laissé par Thiers, et siège à la gauche républicaine jusqu’en 1876. Trésorier-payeur général du Morbihan puis de Saône-et-Loire, il retrouve la mairie de Valence en 1888 et meurt en fonctions le 5 février 1892. Valence donne son nom à un boulevard et installe son buste en bronze, œuvre de Jean Dampt, dans l’escalier d’honneur de l’hôtel de ville dont il avait lancé la construction ; une réplique se trouve au Mollard.
Le fils de Maurice, Jean-Alphonse, né à Valence le 1er août 1855, polytechnicien, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, achète le château du Mollard le 20 septembre 1899. Sa veuve s’y installe en 1920 ; le domaine passe en 1942 à leur fils Jean-François, polytechnicien lui aussi, puis en 1970 à Jacques-Albert Clerc, qui le possède encore en 1978.
Sources
- Jean Sorrel, Histoire de Saint-Marcellin, chapitres III, XIV, XVI et XVII
- Papiers de la famille Clerc, cités par Jean Sorrel
Évoqué dans
- Les Brenier de Montmorand, de la robe à l’épée (étude thématique)
- Les Vallier, Vallier-Colombier et Reynaud-Vallier (étude thématique)
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