Halle de la place d’Armes
- Voie : Place d'Armes
- Bâtiment : Halle (disparue vers 1900)
La charte de 1343 voulait qu’une grande place carrée soit ouverte au centre du bourg, où aboutiraient toutes les rues : c’est la future place d’Armes, et la halle s’y élève sans doute peu après.
Dès 1400, les Carmes de Beauvoir s’en disputent les revenus : le Conseil delphinal annule en 1406 l’albergement d’une partie de la halle qu’ils avaient obtenu. En 1462, ils partagent avec la ville le produit du gros poids. Le 20 février 1489, une enquête d’Antoine Mulet sur la réparation du toit les oblige à entretenir la halle dont ils perçoivent les revenus ; les Carmes accusent les enfants de casser les tuiles.
La halle abrite le blé invendu d’un marché à l’autre. Elle sert aussi de promenoir, de salle de bal ou de concert, de lieu des assemblées générales de la communauté ; on y dresse chaque année le Grand Reposoir de la Fête-Dieu. Les troupes de passage y cantonnent encore en 1898.
Le marché du samedi et les foires du 1er mai et de la Saint-Michel remontent, selon les lettres d’Henri IV, au dauphin Humbert. En octobre 1606 (1603 selon une autre source), le roi y ajoute un marché le mercredi (le mardi selon une autre source) et deux foires, à la Saint-Hilaire et à la Sainte-Madeleine. En 1787, les deux marchés se tiennent toujours ; les foires, réduites à trois, ont lieu le 2 mai, le 10 août et le 30 septembre.
Elle est entièrement reconstruite en 1768 : trois allées de poteaux de chêne, toit de tuiles creuses, lattis de sapin de Chartreuse, pour 3 385 livres. Entre la halle et les maisons, il ne reste que le passage d’un char ; cinq bornes de pierre en interdisent l’accès aux voitures.
Devenue gênante pour la circulation et coûteuse, elle est condamnée vers 1900 par le conseil municipal, à l’unanimité moins une voix, puis démolie.
Évoqué dans
- Une ville de juges et de bourgeois : la fin du Moyen Âge (récit, De 1350 à la fin du XVe siècle)
- Robe, couvents et misère : la ville sous l’Ancien Régime (récit, XVIIe et XVIIIe siècles, jusqu'à la veille de la Révolution)
- Promenades, notables et progrès : le XIXe siècle (récit, Du Consulat à la veille de la Grande Guerre)