Église Saint-Marcellin

Une église donnée aux moines de Montmajour

L’église est la première trace écrite de Saint-Marcellin. En 1083, Gontard, évêque de Valence et administrateur du diocèse de Vienne, la donne avec ses dîmes et dépendances aux bénédictins de Montmajour. Vers 1101, ces moines, installés à la Motte-Saint-Didier pour garder les reliques de saint Antoine, reçoivent du pape et de l’archevêque de Vienne les églises de Saint-Marcellin et de Saint-Hilaire. En mars 1119, le pape Calixte II, venu consacrer l’église de Saint-Antoine, aurait aussi consacré celle de Saint-Marcellin, à la demande du prieur de la Motte-aux-Bois.

Au temps des dauphins, l’église accueille aussi des actes solennels : le 1er octobre 1314, le dauphin Jean II y inféode Varacieux à Aymar de Bressieu, qui lui cède en échange ses droits sur Châteaubourg et le château de Dionay ; le 6 septembre 1322, le même Aymar y arbitre un différend d’héritage entre deux frères de Sassenage.

La reconstruction du XVe siècle

Vers 1401, la première église est abattue et ses matériaux servent à la reconstruction. En juin 1423, l’abbé de Saint-Antoine, patron de la cure, s’engage à verser 250 florins aux consuls pour le chœur, que l’on doit achever en huit ans. En 1466, le recteur Guillaume Galbert, dit Bargena, obtient de Louis XI la moitié du commun pendant vingt ans pour réparer et embellir l’église ; les lettres sont enregistrées à Grenoble le 23 décembre 1467.

Les travaux se poursuivent : clocher en 1481, missel enluminé commandé en 1485 pour cinquante florins, toiture adjugée à Amayan en 1501, cimetière clos et sol dallé de pierre de Chevrières. L’inventaire de 1508 décrit trois calices dorés, un ciboire d’argent et des reliques. Guillaume de Beaumont y fonde une chapelle.

Sous l’Ancien Régime

La foudre endommage la flèche du clocher le 17 octobre 1670. En 1679, Louis Rivail, condamné pour blasphème, fait amende honorable devant l’église. À partir de 1688, le tirage au sort de la milice royale a lieu le dimanche sur la terrasse de l’église. En 1715, on refait le toit, répare l’horloge et refond les cloches.

En 1777, l’ordre de Saint-Antoine est uni à l’ordre de Malte et la cure devient séculière. En 1787, quatre chanoines réguliers y disent l’office ; en 1789, le curé est M. de Lagrée, chanoine de Malte.

Les cloches

Deux cloches sont coulées en 1823 par J.-B. Rosier, sous le curé François Signaire. La grosse cloche, 980 kg, est fondue en octobre 1884 par Georges et Francisque Paccard. En 1923, la cloche moyenne, brisée en sonnant le glas des morts de la guerre, est refondue, et les enfants de la ville offrent une nouvelle petite cloche. Un paratonnerre est posé au clocher en avril 1973.

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