Les Falcoz de La Blache et la duchesse de Phalaris

Originaire de Vourey, dont elle tint la mistralie pendant près de deux siècles, la famille Falcoz se divise en quatre branches. Celle de La Blache, près de Vinay, s’allie plusieurs fois aux Auberjon et aux Murinais. Ses armes : « d’azur au faucon d’argent, les gets et sonnettes de même ».

Le temple et le comté d’Anjou

En 1669, Alexandre Falcoz de La Blache quitte La Blache pour la terre d’Anjou, près de Beaurepaire, qu’il achète au marquis de Chevrières de Saint-Chamond et qui est érigée en comté en 1679 ; ses descendants la revendront aux La Roque. Le 23 mars 1687, il achète pour 150 livres l’emplacement où s’élevait, au faubourg de Romans, le temple protestant de Saint-Marcellin, démoli en 1684.

L’adversaire de Beaumarchais

Son descendant Alexandre-Joseph Falcoz, comte de La Blache, châtelain de Beaulieu, né en 1739, maréchal de camp, hérite en 1770 de la fortune immense de son grand-oncle, le financier Pâris-Duverney. Beaumarchais réclame alors son dû en vertu d’un arrêté de compte signé par le défunt1 ; le comte le dit faux. Le procès qui s’ensuit, où l’auteur de Figaro publie ses célèbres mémoires, rend le comte malgré lui célèbre. En 1788, il est l’un des trois gentilshommes, avec le marquis de Viennois et le marquis de Virieu, que la noblesse dauphinoise charge de négocier à Versailles : inquiets à l’été de l’intransigeance du tiers, ils saluent en septembre « la sagesse courageuse » de leurs mandants ; en décembre, il siège aux états de Romans pour la noblesse de l’élection de Romans. Député de la noblesse aux états généraux en 1789, il est de ceux qui veulent abjurer la Constitution, ce que le conseil de Saint-Marcellin désavoue publiquement. Emprisonné en 1793, libéré après Thermidor, il voit ses biens mis sous séquestre à cause de l’émigration de sa fille. Sa maison de Saint-Marcellin, hors des remparts, alors vide, est choisie en juillet 1799 pour loger le pape Pie VI captif ; il la cédera plus tard aux visitandines. En 1922, Auguste Favot la dit occupée par l’école supérieure de filles et rappelle que la chapelle du couvent de la Visitation s’appelait « la Blache » ; le château de La Blache, à Beaulieu, est alors à moitié démoli. Il meurt en 1802.

La duchesse de Phalaris

Née à Saint-Marcellin vers 16972, fille d’une demoiselle Falcoz de La Blache et élevée chez les ursulines de la ville, Marie-Thérèse d’Haraucourt, ou d’Avancourt selon Paul Berret, suit sa mère à Paris, à la cour de la duchesse de Berry. Mariée en 1719 à Georges d’Entraigues, duc de Falari par la grâce du pape, homme dépravé qui finira en prison, elle devient la maîtresse du Régent Philippe d’Orléans. Il meurt dans ses bras à Versailles, en décembre 1723. Déchue, elle tient ensuite un brelan à Paris, si fardée qu’on la surnomme la reine Jézabel, et meurt en 1782. Paul Berret juge ses exploits galants très exagérés, et Jean Sorrel doute qu’on l’eût tant noircie si la mort du Régent ne l’avait pas mise en vue.


  1. Le livre parle d’une réclamation de 100 000 livres. L’arrêté de compte reconnaissait en fait à Beaumarchais 15 000 livres et un prêt de 75 000 livres sans intérêt pendant huit ans. ↩

  2. Le livre la dit née « au tout début du XVIIIe siècle » ; on la donne d’ordinaire pour née en 1697. ↩

Sources

  • Jean Sorrel, Histoire de Saint-Marcellin, chapitres V, X, XIV, XV et XVI
  • Aug. Favot, Notes historiques sur Chatte, Grenoble, Xavier Drevet, p. 104,
  • R. Fonvieille, Barnave et la pré-Révolution (Dauphiné, 1788), Grenoble, Jean-Pierre Debbane, p. 133, 138-139 et 163, d’après J. Egret,
  • Procès-verbaux des Assemblées générales des Trois-Ordres et des États provinciaux du Dauphiné tenus à Romans en 1788, réimpression du Comité du centenaire de Romans, p. 216,

Écrivez quelques éclats d'âme...

Dans l'ombre vacillante d'une chandelle, où les murmures du vent se mêlent aux secrets d'un vieux parchemin, je vous invite à tisser une toile de mots. Écrivez quelques éclats d'âme – rêve, étoile, abîme, étreinte, brume – et laissez-les danser sur la page, comme des lucioles dans une nuit d'encre. Que diriez-vous de les entrelacer dans une phrase, un souffle, une histoire ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Source : https://paul.argoud.net/saint-marcellin-isere/histoire/famille-falcoz-de-la-blache/