Souveraineté numérique

La souveraineté numérique ne se décrète pas dans un communiqué de presse, elle se constate dans les factures : qui héberge, qui chiffre, qui possède la clé, qui peut couper. Cette catégorie part du principe qu’un pays qui délègue ses données, ses modèles et ses paiements à des juridictions étrangères a déjà répondu à la question, même quand il prétend encore la poser. Vous y trouverez le sujet pris par le bas plutôt que par les colloques : l’IA en local et son coût réel, l’auto-hébergement quand la forge devient agentique, la cryptographie zero-knowledge dont l’administration ne veut pas, la dépossession douce de ce qu’on croit acheter, du Plex qu’on ne contrôle plus au PEA qui achète l’Amérique sans jamais la posséder. Et la question industrielle en toile de fond : pendant que la France vend ses participations et régule son déclin, d’autres fabriquent les machines. Écrit par un praticien qui déploie ces infrastructures pour ses clients, avec la conviction que la souveraineté est un goulot d’étranglement technique et industriel avant d’être une ligne de discours.

ChatGPT, Claude, Gemini : les LLM sont des gruyères et l’industrie le sait

Intelligence artificielle

Pendant vingt ans, vous avez donné gratuitement vos données aux géants du numérique. Aujourd’hui, vous payez 30€ par mois ChatGPT en pensant acheter de la confidentialité. Des chercheurs viennent de découvrir sept vulnérabilités critiques permettant de voler vos conversations sans que vous le sachiez. Le problème ? Ce n’est pas propre à OpenAI : tous les grands modèles de langage partagent ces failles structurelles.

Paquet Suisse-UE 2025 : Quand le fédéralisme devient l’outil d’une intégration contestée [4/4]

Europe

Le 24 octobre 2025, les gouvernements cantonaux ont validé le paquet d’accords Suisse-UE par 21 voix contre 4, rejetant explicitement la double majorité systématique. Ce vote consultatif révèle une stratégie d’intégration progressive qui contourne les mécanismes démocratiques ayant permis le rejet de l’EEE en 1992. Une enquête gfs.bern documente un écart de 20 points entre élites (76% favorables) et population (56%), témoignant d’une déconnexion structurelle. Ce quatrième volet d’une série sur la souveraineté suisse analyse comment l’alignement européen se fait avec ou sans le consentement explicite du souverain.

Terres rares : Pékin prend la France et le monde en otage

Géopolitique

À partir du 1er décembre 2025, tout produit contenant plus de 0,1% de terres rares chinoises devra obtenir l’autorisation de Pékin avant export. Cette décision administrative apparemment anodine marque en réalité un tournant historique : la Chine vient de transformer son monopole industriel en arme de vassalisation technologique. Pendant que l’Occident délocalisait ses industries polluantes, Pékin construisait méthodiquement le contrôle total d’une chaîne de valeur critique ; de l’extraction au raffinage, de la transformation à l’intégration finale. Résultat : chaque datacenter, chaque véhicule électrique, chaque système de défense occidental dépend désormais du bon vouloir du Parti communiste chinois.

Euro numérique interbancaire : regardez ailleurs, la BCE construit votre cage

Surveillance et libertés

Pendant que tout le monde débat de l’euro numérique grand public, la BCE déploie silencieusement sa version interbancaire. 64 participants, plus de 50 expérimentations : l’infrastructure technique est déjà en place. Une fois ces rails posés, basculer vers le contrôle des citoyens deviendra une simple formalité. C’est la stratégie du salami appliquée à la monnaie : découper une révolution inacceptable en tranches techniques que personne ne conteste.

Robert Badinter au Panthéon : pourquoi je ne me réjouis pas

Justice

Ce jeudi 9 octobre 2025, Robert Badinter entre au Panthéon dans un consensus quasi unanime. Pourtant, derrière l’icône de l’abolition de la peine de mort se cache un héritage judiciaire bien plus complexe et controversé. Entre l’échec traumatisant de l’affaire Roger Bontems en 1972, la promotion des peines alternatives et la transformation du Conseil constitutionnel, l’ancien garde des Sceaux a façonné une justice qui, selon ses critiques, a progressivement désarmé la société face à la criminalité. Quarante ans après ses réformes, les chiffres de la récidive et le sentiment d’impunité interrogent : faut-il célébrer sans réserve celui dont les choix politiques continuent de diviser la France ?

Le grand naufrage : autopsie d’un système politique en décomposition

Politique

Assez de langue de bois. La France politique n’est plus qu’une épave dérivant vers son naufrage final, et personne n’a le courage de l’admettre. Entre les petites cuisines de partis gangrenées par l’arrivisme, la collaboration honteuse avec le macronisme, et cette Union européenne corrompue et liberticide, notre système politique est en état de décomposition avancée. La démocratie représentative ne représente plus que des intérêts oligarchiques, pendant qu’une caste médiatique verrouille tout débat critique sur l’Europe.

Suisse : l’e-ID et les lobbies, l’apothéose d’une soumission numérique [3/4]

Souveraineté numérique

Swisscom, détenue majoritairement par la Confédération, a franchi la ligne rouge en finançant le comité pro-e-ID et en incitant un cadre à promouvoir publiquement le projet, influençant potentiellement un scrutin décidé à 0,4 % près. Pendant ce temps, Digitalswitzerland orchestre une coalition de banques et d’acteurs publics pour aligner la Suisse sur eIDAS 2.0, sous couvert de “leadership numérique”. Palantir, bien que non directement impliquée, étend son écosystème big data dans la finance et la sécurité, créant une dépendance structurelle à des technologies américaines. La Suisse, ainsi, n’a pas choisi son avenir numérique : on le lui a imposé.

Suisse : le vote étriqué pour l’e-ID, symbole de soumission à l’UE [2/4]

Souveraineté numérique

Le 28 septembre 2025, la Suisse adopte de justesse l’identité électronique (e-ID) avec 50,4 % de « oui », marquant un tournant pour sa souveraineté numérique. Présentée comme un outil pratique pour simplifier la vie quotidienne, cette e-ID cache en réalité des risques importants : traçabilité totale, surveillance accrue et menaces pour l’économie helvétique. Alignée sur le cadre européen eIDAS 2.0, elle symbolise une forme de soumission numérique à l’UE, tandis que les débats sur les pressions des lobbies et les recours juridiques montrent que la bataille pour la confidentialité suisse ne fait que commencer.

La surveillance numérique en Suisse : De la LSCPT 2002 à la révision VÜPF 2025 [1/4]

Surveillance et libertés

En 2002, la Suisse adoptait la LSCPT, censée concilier surveillance et respect des droits fondamentaux. Vingt ans plus tard, l’équilibre a volé en éclats : extension de la surveillance, contournement du Parlement et pressions internationales redessinent le paysage numérique. Derrière le discours protecteur, c’est une dérive insidieuse qui s’installe, transformant la Suisse de coffre-fort des libertés en maillon faible de la surveillance globale.

Quand Google Analytics vous ment, Matomo révèle la vérité

Logiciels

Google Analytics n’est pas toujours le miroir fidèle qu’on imagine. Lorsqu’un mystérieux pic de trafic a frappé mon site, GA n’a rien vu… alors que Matomo a tout révélé. Au fil de l’enquête, j’ai découvert pourquoi Matomo est plus précis, plus transparent et bien plus fiable. Voici le récit de cette leçon, et pourquoi vos données méritent mieux que les œillères de Google.