La justice française a ceci de particulier qu’elle parvient simultanément à enfermer un ancien président et à laisser un condamné pour corruption de mineurs présenter le journal télévisé, à poursuivre un citoyen pour un excès de vitesse et à perdre les pièces justificatives d’une main courante déposée en bonne et due forme, à sanctionner la richesse immobile de celui qui possède sa maison et à regarder ailleurs quand les cartels bâtissent un contre-État dans les quartiers que la République a désertés — le tout en se déclarant garante de l’égalité devant la loi avec un aplomb que seule une institution aussi ancienne peut encore se permettre. Cette catégorie est celle d’un justiciable qui a renoncé à confondre le droit et la justice, qui observe les tribunaux comme on observe un mécanisme dont on a compris qu’il ne servait plus ceux pour lesquels il avait été conçu, et qui considère que documenter les dysfonctionnements — l’impunité sélective, la GPA comme commerce du vivant, le droit d’auteur blanchi par les algorithmes, l’euthanasie vendue comme compassion, les écrivains qu’on abandonne en prison — est déjà un acte de défense quand personne ne veut plaider. Vous y trouverez des analyses d’affaires où la loi protège le fort contre le faible, des enquêtes sur les institutions judiciaires et réglementaires qui fonctionnent à géométrie variable, des billets sur le racket fiscal habillé en justice sociale, et parfois la colère sourde de celui qui se souvient qu’à l’entrée de chaque palais de justice il est écrit « Liberté, Égalité, Fraternité » et qui se demande lequel de ces trois mots ment le plus fort — le tout écrit avec la conviction qu’une justice qu’on n’ose plus critiquer n’est déjà plus une justice mais un pouvoir.
L’assassinat de la petite Lyhanna Rameau Bernard a ressuscité en quelques heures les deux totems du fait divers, la peine de mort et la castration chimique, cette dernière plébiscitée par 83 % des Français dans un sondage CSA. On feint d’ignorer qu’elle existe déjà depuis 1998, qu’elle reste adossée au consentement médical, et que le mot « obligatoire » se fracasse sur le refus de réquisitionner un médecin. Mais le vrai scandale est ailleurs : la triptoréline qui sert à castrer chimiquement un violeur adulte est exactement la molécule, le Décapeptyl, que l’on injecte à des enfants, dans le cadre de son AMM pour la puberté précoce et hors AMM comme « bloqueur de puberté » chez des mineurs en questionnement de genre. Voilà le monde à l’envers : ce que nous hésitons à imposer à nos pires criminels au nom de l’intégrité du corps, nous l’administrons à des enfants bien portants au nom d’une mode, sans la moindre preuve que les effets sur l’os et le cerveau soient réversibles. Car ce qui aurait sauvé Lyhanna n’était pas une seringue, mais une justice qui traite les plaintes au lieu de les classer.
La Gendarmerie nationale gère un compte X à un million d’abonnés, une doctrine de communication formalisée, des hashtags soignés, et un budget de près de onze milliards d’euros par an financé par le contribuable. Le hashtag #FastAndFourrière, empruntant au cinéma d’action américain, transforme chaque interception routière en contenu marketing, en rupture totale avec la tradition militaire française de retenue. Ce n’est pas la mission qui est en cause, ni sa légalité : c’est la posture, et surtout ce qu’elle révèle par contraste. Car pendant que l’institution tweete avec emojis ses radars et ses fourrières, son rapport 2024 ne consacre plus que quatre pages à l’usage de la force létale, et ses signalements internes ont progressé de 28 % en un an. On ne se félicite pas de faire son devoir.
Loin d’être une solution à la mobilité, le stationnement payant est une fiscalité déguisée dont les recettes nationales ont bondi de 84 % depuis la réforme de 2018. À Saint-Marcellin comme ailleurs, l’argument des « voitures ventouses » n’est qu’un écran de fumée pour installer une surveillance automatisée par LAPI et déléguer le contrôle à des intérêts privés. Ce système de rotation forcée ne fluidifie rien : il multiplie les trajets inutiles, asphyxie le petit commerce et taxe les riverains jusqu’au pas de leur propre porte. En transformant l’espace public en produit financier, les élus préfèrent la rentabilité facile au courage d’appliquer le Code de la route existant. C’est une arnaque institutionnalisée qui frappe d’abord les plus précaires sous couvert d’un faux vernis écologique.
Après des centaines de locations meublées, j’ai compris que le locataire problématique se trahit dès le premier contact. Celui qui ne consacre pas trois minutes à se présenter correctement (nom complet, situation professionnelle, question concrète sur le bien) ne respectera rien une fois les clés en main. Je ne réponds jamais aux SMS, aux messages privés sur les plateformes, ni aux demandes génériques préfabriquées : c’est au candidat d’initier un contact de qualité. Les tribunaux ne règlent rien en moins d’un an, les assurances ne couvrent pas les impayés, et la CAF ne rembourse jamais les dégradations. Face à un système qui protège mal les bailleurs, la seule ligne de défense efficace, c’est le tri en amont par lecture méthodique des signaux comportementaux.
En France, une organisation peut bloquer votre compte bancaire sans jugement, saisir vos revenus sans préavis, mettre une entreprise à terre en quelques semaines. Cette organisation s’appelle l’URSSAF et son fonctionnement viole l’un des principes les plus anciens du droit occidental : nul ne peut être juge dans sa propre cause. Elle émet seule des titres exécutoires ayant force de jugement, sans qu’aucun magistrat n’ait examiné le bien-fondé de la créance. Un redressement peut porter sur trois ans d’activité révolue, représenter plusieurs fois le bénéfice annuel, et s’enclencher avant même que la contestation soit épuisée, non pour fraude, mais pour une interprétation divergente appliquée de bonne foi. Le coût n’est pas seulement économique : il est démocratique.
L’Union européenne frappe désormais ses propres citoyens de sanctions économiques sans procès, sans juge, sans loi pénale définissant l’infraction reprochée. Un colonel suisse et un journaliste allemand ont vu leurs comptes gelés pour avoir exprimé des analyses qui déplaisent au Conseil européen ; contraints de demander des dérogations humanitaires pour se nourrir. Ces mesures, étiquetées « administratives » pour contourner les garanties du droit pénal, infligent pourtant des conséquences plus lourdes qu’une condamnation judiciaire : interdiction de travailler, de voyager, de recevoir la moindre aide. Cette dérive s’inscrit dans une escalade méthodique en trois temps : la censure déléguée aux plateformes via le DSA, l’infrastructure de contrôle (identité numérique, euro numérique), et désormais la sanction existentielle par gel des avoirs. En transformant l’opinion politique en motif de mort civile, l’UE bascule du soft power au hard power ; et piétine les principes mêmes de l’État de droit qu’elle prétend défendre.
On vous reproche de ne pas avoir lu le dossier mais ce dossier, vous n’avez pas le droit d’y accéder. En 2016, la loi promettait la mise en ligne de toutes les décisions de justice. Dix ans plus tard, les décisions pénales ne seront pas publiées avant 2028, et les pièces des dossiers restent verrouillées même après jugement définitif. Pendant ce temps, le système américain PACER rend plus d’un milliard de documents judiciaires accessibles à tout citoyen. Il est temps d’inverser la logique : tout public par défaut, secret justifié au cas par cas.
La GPA n’est pas un progrès, c’est une industrie à 21 milliards de dollars qui exploite le corps des femmes précaires au profit de commanditaires fortunés. Du microchimérisme fœtal au taux de suicide des mères porteuses, la biologie et les faits contredisent le récit compassionnel. Pendant que des personnalités médiatiques normalisent le contournement de la loi française, des voix comme celle de la sénatrice Valérie Boyer tentent de sanctuariser l’indisponibilité du corps humain dans la Constitution. On ne commande pas un enfant et accoler le mot « éthique » à cette pratique ne la rend pas vertueuse.
L’affaire Epstein dépasse le fait divers criminel. Derrière le prédateur, un organe de gouvernance informel : diplomatie de l’ombre, chantage comme assurance mutuelle, finance opaque et justice complice. De Tucker Carlson à Xavier Poussard, les grilles de lecture convergent, ce scandale est une clé systémique pour comprendre le pouvoir mondial depuis 1945. Et si Epstein compromettait par la chair, les GAFAM le font désormais par le code.
J’ai déposé une main courante à la gendarmerie après avoir rédigé un document structuré, précis, avec pièces justificatives. Résultat : 6 lignes truffées de fautes d’orthographe (confusions a/à, mon nom mal orthographié), omissions scandaleuses (harcèlement minimisé, impact sanitaire disparu), et pièces justificatives volatilisées. Ce témoignage édifiant illustre l’état de délabrement du service public français : incompétence, impunité administrative, et mépris du citoyen qui fait l’effort de documenter sa situation.