Protocoles et routage

WebMCP : quand les sites web apprennent à parler aux agents IA

Le 10 février 2026, Google et Microsoft ont publié WebMCP en early preview dans Chrome Canary, un standard W3C qui permet aux sites web de déclarer leurs capacités sous forme de « tools » structurés via l’API navigator.modelContext. Fini les agents IA qui naviguent à l’aveugle par captures d’écran : le site dit directement à la machine ce qu’il sait faire. Pendant ce temps, la DINUM lance le premier serveur MCP français pour data.gouv.fr, ouvrant 45 000 jeux de données publiques aux agents IA. Mais derrière l’élégance technique, trois failles de sécurité majeures restent béantes (isolation inter-onglets, prompt injection via les tools, consentement aveugle) et l’Europe est absente de la table où s’écrit le standard. WebMCP est peut-être le Schema.org des actions, mais sa grammaire se définit à Mountain View et Redmond, pas à Paris.

IPv6 : l’Esperanto des réseaux

IPv6 est né la même année que Windows 98. L’un est dans un musée. L’autre est dans les « objectifs de migration 2027 ». Après 27 ans, moins de la moitié d’Internet a basculé, non pas parce que les ingénieurs réseau sont incompétents, mais parce que la solution elle-même est un chef-d’œuvre d’over-engineering que le réel refuse d’adopter. Quand le monde entier vous dit non pendant trois décennies, le problème n’est peut-être pas le monde.