Intelligence artificielle On September 8, 2026, OpenAI answered in writing when a mathematician asked whether its model had learned from a year’s worth of drafts fed into Codex: unlikely, but we cannot rule it out. That is not proof the drafts were used. It is a vendor declining to say no. Reading the terms of service explains the caution: training, access, and retention are three separate controls, and « private session » means nothing until you know the account type and which box was checked. For any developer who hands a coding assistant the work that sets them apart and hasn’t been published yet, the question has stopped being theoretical. The Navier-Stokes affair is summarized in a box below, with my take at the end.
Souveraineté numérique Le 8 septembre 2026, OpenAI a répondu par écrit à un mathématicien qui lui demandait si son modèle avait appris sur les brouillons versés pendant un an dans Codex : improbable, mais nous ne pouvons pas l’exclure. Ce n’est pas une preuve que ces brouillons ont servi, c’est le refus d’un fournisseur de dire non. La lecture des conditions d’utilisation explique cette prudence : entraînement, accès et rétention sont trois contrôles distincts, et « session privée » ne veut rien dire tant qu’on ne sait pas le type de compte et la case cochée. Pour tout développeur qui confie à un assistant de code ce qui le distingue et n’est pas encore publié, la question a cessé d’être théorique. L’affaire Navier-Stokes en encadré, et mon avis en fin d’article.
Surveillance et libertés J’ai loué un objectif photo, et trente minutes après la livraison, mon téléphone m’a prévenu qu’un AirTag inconnu se déplaçait avec moi. Sous la mousse de calage, un traceur portant un numéro d’inventaire écrit au feutre : AT 102. Protéger un actif confié à des inconnus est parfaitement légitime, mais un traceur qui dort chez moi pendant cinq jours n’enregistre pas les déplacements d’un objectif, il enregistre les miens. Ce que je n’ai découvert que grâce au dispositif anti-pistage d’Apple, à défaut d’une ligne dans les conditions de location. Le dossier ne se joue pas sur le principe du traçage, mais sur le silence qui l’entoure.
Souveraineté numérique Fin juin 2026, un pirate muni de deux mots de passe volés se promène dans les données fiscales des Français, et Bercy ne découvre l’ampleur du butin que lorsque ZeroBytes le revendique publiquement, deux mois plus tard. Le plan de remédiation annoncé dans la foulée vaut aveu : pas de double authentification généralisée, pas de quotas de consultation, des systèmes sans capteurs. Pendant ce temps, le même État finalise la facturation électronique obligatoire et DAC8, le plus grand aspirateur à données économiques de son histoire. L’asymétrie est là : l’obligation de tout donner d’un côté, l’incapacité prouvée de protéger de l’autre. Tant que l’État n’aura pas démontré qu’il sait garder ce qu’il détient, il n’a aucune légitimité à exiger davantage.
Politique Le Sénat veut traquer les « ingérences intérieures », un oxymore qui transforme le citoyen critique en étranger de son propre pays. Prenons-les au mot : appliquée honnêtement, leur propre définition ne désigne ni les médias alternatifs ni les comptes anonymes, mais le système circulatoire qui relie l’appareil d’État à McKinsey, Lazard, FTI ou General Electric. De Bruno Le Maire chez Macro Advisory Partners au nexus McKinsey sous instruction judiciaire depuis 2022, la liste est longue, sourcée, et validée à chaque étape par les instances de déontologie. En haut, la porte tournante est une ressource ; en bas, la parole citoyenne est un risque à cartographier avant 2027. L’ingérence intérieure existe bel et bien : elle ne poste pas, elle facture.
Surveillance et libertés Le 8 juillet 2026, le Sénat a publié le rapport n° 875 sur la régulation de l’information dans l’espace numérique : cinquante-six recommandations dont la première propose de faire « invisibiliser » des utilisateurs à l’approche des élections. Derrière un diagnostic économique largement exact se déploie une machinerie complète : observatoire de la désinformation, définition juridique de la vérité, délits sans intention, agréments déontologiques et médias promus par des algorithmes paramétrés sur instruction publique. Personne ne sera interdit de parler ; certains seront simplement introuvables, non financés, non reconnus. Après avoir sous-traité sa censure à Bruxelles, la France internalise l’administration politique de la visibilité. Analyse recommandation par recommandation, depuis la position du concerné.
Société Le journal télévisé factuel a disparu en France, écrasé sous le poids des experts permanents, des envoyés spéciaux décoratifs et des invités politiques systématiques. Cette éviction ne tient pas à un complot idéologique mais à une simple comptabilité : le commentaire coûte cent fois moins cher que le terrain. Inutile pour autant de pleurer un âge d’or qui n’a jamais existé ; le JT de 1985 ne valait pas mieux, simplement révérencieux envers le pouvoir au lieu d’être bavard pour l’Audimat. Le public, lui, n’est pas innocent dans cette dérive : il décroche dès qu’on creuse, il s’enflamme dès qu’on s’invective. Servitude institutionnelle hier, servitude marchande aujourd’hui, et au milieu, le téléspectateur n’a jamais été l’objectif.
Fiscalité FICOBA en janvier, ANTS en avril, Mentor fin avril, impots.gouv signalé début mai : quatre coffres régaliens éventrés en quatre-vingt-dix jours. Le 1er septembre 2026, l’État oblige dix millions d’entreprises à pousser l’intégralité de leurs flux de facturation à travers cent quinze plateformes privées qu’il a agréées. Vendue comme une lutte contre la fraude, la réforme construit en réalité un graphe complet de l’économie française privée, hébergé chez une centaine d’opérateurs, dont l’État décide tout et ne répond de rien. C’est l’invention française d’un mécanisme inédit : la responsabilité sans culpabilité, où le risque politique est transféré vers le risque opérationnel privé sans transfert de la décision. On n’a pas démultiplié les cibles : on les a fusionnées.
Souveraineté numérique Une fuite de données toutes les heures en France, 12,2 millions de personnes exposées en 2025, 36,8 millions de dossiers France Travail sur le dark web : ce n’est pas une fatalité, c’est un choix d’architecture. Une famille de techniques cryptographiques, les preuves à divulgation nulle de connaissance, dites zero-knowledge, permet de prouver son âge, sa résidence ou ses revenus sans transmettre la moindre donnée personnelle. Elle existe depuis 1985, elle tourne en production chez Google, Apple et Cloudflare, elle est inscrite dans le règlement eIDAS 2.0. Elle n’arrive pas dans les administrations françaises, et ce n’est pas un problème technique. Quand l’État tire avantage d’un environnement durablement non sécurisé pour justifier France Identité, l’euro numérique programmable et chaque nouvelle couche de centralisation, le déploiement d’une cryptographie qui rendrait tout cela inutile n’est pas un oubli : c’est un choix.
Société La Gendarmerie nationale gère un compte X à un million d’abonnés, une doctrine de communication formalisée, des hashtags soignés, et un budget de près de onze milliards d’euros par an financé par le contribuable. Le hashtag #FastAndFourrière, empruntant au cinéma d’action américain, transforme chaque interception routière en contenu marketing, en rupture totale avec la tradition militaire française de retenue. Ce n’est pas la mission qui est en cause, ni sa légalité : c’est la posture, et surtout ce qu’elle révèle par contraste. Car pendant que l’institution tweete avec emojis ses radars et ses fourrières, son rapport 2024 ne consacre plus que quatre pages à l’usage de la force létale, et ses signalements internes ont progressé de 28 % en un an. On ne se félicite pas de faire son devoir.