La géopolitique que l’on sert au journal de vingt heures se résume trop souvent à une carte du monde en deux couleurs — les gentils d’un côté, les méchants de l’autre — et au commentaire navré d’un éditorialiste qui découvre avec stupéfaction que les rapports de force n’ont pas été abolis par le droit international, que les traités ne protègent que ceux qui ont les moyens de les faire respecter, et que l’indignation vertueuse n’a jamais constitué une politique étrangère. Cette catégorie est celle d’un observateur qui préfère les cartes d’état-major aux cartes postales, qui lit les accords commerciaux avant de commenter les poignées de main, et qui part du principe que pour comprendre pourquoi un empire agit il faut d’abord regarder ce qu’il convoite — pétrole vénézuélien, terres rares chinoises, avant-poste arctique, corridors de semiconducteurs — plutôt que ce qu’il déclare. Vous y trouverez des analyses sur la recomposition des puissances quand Washington négocie avec Moscou en excluant l’Europe de la table, des décryptages de souveraineté industrielle et militaire quand Dassault défend la France mieux que l’Élysée, des chroniques sur l’affaire Epstein comme clé de lecture systémique du pouvoir mondial, et parfois le constat brutal qu’on ne négocie pas avec le loup en lui récitant le droit — on devient plus fort que lui ou on disparaît — le tout écrit avec la conviction que la lucidité géopolitique, même dérangeante, reste infiniment moins coûteuse que l’aveuglement.
Le 1er novembre 2025, l’Assemblée nationale a voté l’intégration de Bitcoin et des cryptoactifs dans l’IFI, rebaptisé « Impôt sur la Fortune Improductive ». Taxés à 1% au-delà de 1,3M€, ces actifs devront être déclarés intégralement, contraignant potentiellement les détenteurs à des ventes forcées annuelles. Cette décision révèle un message politique sans équivoque : pour l’État français, s’arrimer à Bitcoin plutôt qu’à l’euro relève désormais de la « richesse improductive ».
Le 24 octobre 2025, les gouvernements cantonaux ont validé le paquet d’accords Suisse-UE par 21 voix contre 4, rejetant explicitement la double majorité systématique. Ce vote consultatif révèle une stratégie d’intégration progressive qui contourne les mécanismes démocratiques ayant permis le rejet de l’EEE en 1992. Une enquête gfs.bern documente un écart de 20 points entre élites (76% favorables) et population (56%), témoignant d’une déconnexion structurelle. Ce quatrième volet d’une série sur la souveraineté suisse analyse comment l’alignement européen se fait avec ou sans le consentement explicite du souverain.
Le 23 octobre 2025, Airbus, Thales et Leonardo ont signé un protocole d’accord pour fusionner leurs activités spatiales dans le projet Bromo, créant un géant européen basé à Toulouse. Employant 25 000 personnes pour un chiffre d’affaires de 6,5 milliards d’euros, Bromo ambitionne de rivaliser avec Starlink. Cette alliance franco-italienne renforce la souveraineté technologique européenne face aux géants américains et chinois. Mais sa réussite dépendra de la capacité de l’UE à ne pas étouffer ce projet sous une bureaucratie pesante.
Le gouvernement Lecornu 2 survit de justesse, mais il incarne un modèle économique mal adapté à la réalité française. Depuis trois décennies, l’application des théories aghioniennes a accéléré notre déclin industriel et creusé les inégalités. Entre dérégulation mal calibrée et dépendance aux importations, la France peine à retrouver sa compétitivité. Mon article explore les erreurs stratégiques, compare notre trajectoire à celle de la Chine et propose des pistes pour une reconquête industrielle réaliste.
À partir du 1er décembre 2025, tout produit contenant plus de 0,1% de terres rares chinoises devra obtenir l’autorisation de Pékin avant export. Cette décision administrative apparemment anodine marque en réalité un tournant historique : la Chine vient de transformer son monopole industriel en arme de vassalisation technologique. Pendant que l’Occident délocalisait ses industries polluantes, Pékin construisait méthodiquement le contrôle total d’une chaîne de valeur critique ; de l’extraction au raffinage, de la transformation à l’intégration finale. Résultat : chaque datacenter, chaque véhicule électrique, chaque système de défense occidental dépend désormais du bon vouloir du Parti communiste chinois.
Dans un entretien fleuve de plus de quatre heures avec Lex Fridman, Pavel Durov, fondateur de Telegram, livre une conversation philosophique exceptionnelle sur la liberté, la discipline personnelle et la résistance aux pressions gouvernementales. De son arrestation kafkaïenne en France aux tentatives de censure en Roumanie et Moldavie, en passant par sa philosophie de vie stoïcienne et son refus catégorique de tout compromis sur la vie privée des utilisateurs, Durov incarne une cohérence rare entre principes et actions. Cette synthèse approfondie explore les aspects techniques, philosophiques et géopolitiques d’un combat pour préserver la liberté d’expression à l’ère de la surveillance numérique généralisée.
C’est l’annonce tant attendue – ou plutôt tant retardée – de la composition du gouvernement par Sébastien Lecornu, ce 5 octobre 2025, qui motive la présente réflexion sur ce pays qui semble voguer sans capitaine vers des eaux de plus en plus troubles. Huit Premiers ministres en huit ans – un record qui frise le ridicule, battant même l’Italie en instabilité malgré son proverbial turnover gouvernemental. Ce gouvernement, fruit de négociations interminables et de concessions comme l’abandon officiel du 49.3, n’est qu’un pansement sur une plaie béante, où les technocrates recyclent leurs erreurs sans jamais assumer leurs fautes, préférant blâmer la Russie ou Bruxelles.
Swisscom, détenue majoritairement par la Confédération, a franchi la ligne rouge en finançant le comité pro-e-ID et en incitant un cadre à promouvoir publiquement le projet, influençant potentiellement un scrutin décidé à 0,4 % près. Pendant ce temps, Digitalswitzerland orchestre une coalition de banques et d’acteurs publics pour aligner la Suisse sur eIDAS 2.0, sous couvert de “leadership numérique”. Palantir, bien que non directement impliquée, étend son écosystème big data dans la finance et la sécurité, créant une dépendance structurelle à des technologies américaines. La Suisse, ainsi, n’a pas choisi son avenir numérique : on le lui a imposé.
L’Union Européenne est souvent présentée comme un rêve de paix et de prospérité, mais derrière cette vitrine en verre se cache une machine centralisée qui grignote la souveraineté des États et ignore la voix des citoyens. De la CECA de 1951 au Traité de Lisbonne en 2007, chaque étape a renforcé la technocratie au détriment de la démocratie. Aujourd’hui, avec l’euro numérique et les sanctions financières, l’UE montre son vrai visage : une prison douce, mais bien réelle, pour les peuples européens.
La BCE présente l’euro numérique comme une avancée moderne et sécurisée. En réalité, c’est une monnaie de contrôle, capable de fracturer notre système monétaire et de menacer nos libertés. Derrière le vernis technologique se cache un cheval de Troie politique, conçu pour renforcer le pouvoir des États. Refuser l’euro numérique, c’est défendre l’égalité et la liberté économique.