Moloks SMVIC : la benne a disparu, la facture est restée

Il y a encore quelques années, un camion passait devant chez vous. Vous sortiez la poubelle la veille au soir, et au matin elle avait disparu. Le service était rendu, financé par la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, et inscrit noir sur blanc au budget de l’intercommunalité. Ce camion s’efface peu à peu du paysage. À sa place, un molok : une grosse colonne semi-enterrée plantée au bord de la route, vers laquelle on vous invite désormais à vous déplacer, sac de trente litres à la main. Saint-Marcellin Vercors Isère Communauté appelle cela une « modernisation ». Le mot est joli. Il habille une opération beaucoup plus prosaïque : on a sorti une dépense du budget de la com-com pour la déposer, sans crier gare, dans le coffre de votre voiture.

Je vais le dire sans détour, parce que c’est le cœur de l’affaire. Le revirement vers l’apport volontaire est avant tout un transfert de coût et d’effort de la collectivité vers l’usager. Le camion qui passait devant chez vous était une dépense visible, votée, comptabilisée. Votre déplacement au molok, lui, ne figure nulle part dans les comptes de l’interco, pas plus que l’externalité de votre démarrage à froid un matin de janvier. Ce qui disparaît du tableau de bord de la com-com réapparaît dans votre réservoir.

Le tour de passe-passe comptable

Posons les chiffres, puisque c’est l’argument qu’on n’ose jamais vous présenter en face. La collecte représente à elle seule environ la moitié du coût complet de la gestion des déchets. C’est donc là que se joue l’arbitrage budgétaire. Et l’arbitrage, l’ADEME le formule noir sur blanc : un apport volontaire bien conçu coûte environ 25 % de moins que le porte-à-porte, pour une performance de collecte inférieure d’à peu près 15 %. Traduisez : on accepte de ramasser un peu moins bien, parce qu’on ramasse beaucoup moins cher.

Beaucoup moins cher pour qui, exactement ? Pour la collectivité. Car l’économie ne vient pas de nulle part. Le camion benne en porte-à-porte est l’un des engins les plus gourmands qui soient en mode collecte : il roule longtemps entre des bacs espacés, s’arrête tous les quelques mètres, accélère, freine et compacte en continu, plusieurs fois par semaine. Le molok, lui, est semi-enterré, donc maintenu au frais, donc collecté beaucoup moins souvent, par un camion-grue à équipage réduit. Moins de tournées, moins de carburant, moins de ripeurs à payer, moins de risques d’accident. Sur le papier de l’interco, tout va bien.

Sauf que les kilomètres n’ont pas disparu. Ils ont changé de propriétaire. Là où un camion mutualisait la collecte de centaines de foyers en un seul passage, on a désormais des centaines de foyers qui prennent chacun leur voiture. La dépense énergétique n’a pas été supprimée, elle a été pulvérisée et redistribuée sur les administrés, qui la paient en essence, en temps et en usure. C’est le principe même de l’externalité : le coût existe toujours, mais il n’est plus supporté par celui qui a pris la décision.

Et que l’on ne vienne pas prétendre que ce système d’apport volontaire, plus économique pour la collectivité, se traduit par une facture allégée pour l’usager. C’est l’inverse. Quand l’intercommunalité a voté son budget « volontariste » de 2022, la presse locale a noté l’essentiel en une phrase : si les impôts n’augmentaient pas, la taxe « ordures ménagères », elle, augmentait bel et bien. Vous avez donc le combo parfait : un service rendu de plus en plus loin de chez vous, et une taxe qui grimpe pour le financer. On vous fait porter vos sacs et on vous facture le privilège.

L’écologie, cet alibi qui ne tient pas la route

On me dira que tout cela est vert, vertueux, qu’il faut bien sauver la planète. C’est là que le bât blesse, parce que l’argument écologique est précisément celui qu’on agite le moins quand on examine les dossiers de près. La bascule vers l’apport volontaire n’a presque jamais été justifiée par un bilan carbone favorable. Et pour cause : ce bilan est, au mieux, incertain.

Réfléchissons une seconde à ce qu’on nous demande de croire. Mille trajets de voitures particulières, moteur lancé à froid, catalyseur pas encore en température, sur de courtes distances où l’engin pollue le plus par kilomètre parcouru, tout cela serait plus propre qu’un camion qui passe ? J’ai déjà écrit ici tout le mal que je pense de la guerre administrative contre le moteur thermique et du retour en grâce, enfin, du bon sens automobile. Le démarrage à froid est l’ennemi numéro un des émissions réelles, celui que les cycles d’homologation maquillent et que la vraie vie révèle. Multiplier les petits trajets dédiés, c’est exactement ce qu’on devrait vouloir éviter.

La vérité honnête, celle qu’un esprit rigoureux doit admettre, c’est que le match thermique du camion contre l’essaim des voitures est indécis et dépend du contexte. Quand les moloks sont posés sur des axes que vous empruntez déjà, le surcoût est faible. Mais c’est précisément là que la com-com triche avec elle-même, car ce cas idéal est minoritaire sur un territoire comme le nôtre. Le SMVIC, c’est l’habitat dispersé, les hameaux, les communes étalées du Sud-Grésivaudan et du Vercors. Pour une grande partie des foyers, le molok n’est pas « sur le chemin » : il impose un aller-retour dédié, donc un trajet qui n’existait pas, donc un démarrage à froid de plus. Et la belle théorie du dépôt « en allant au travail » s’effondre dès qu’on regarde qui compose réellement un village. Le télétravailleur ne prend plus la route le matin. Le retraité ne « passe » nulle part tous les jours. La mère au foyer, l’artisan qui bosse à domicile, le chômeur : aucun de ces trajets pendulaires commodes n’existe pour eux. Pour cette part immense de la population, chaque sac est une corvée motorisée à part entière. On a donc, au mieux, un bilan carbone neutre pour les actifs bien placés, et clairement négatif pour tous les autres. À aucun moment cette incertitude ne justifie qu’on présente l’opération comme un progrès environnemental. On habille de vert une décision qui est budgétaire. C’est exactement le même costume que celui de la chaufferie bois de Saint-Marcellin : un projet « vert » à 9,4 millions d’euros, payé par le contribuable, sur lequel personne ne lui a demandé son avis.

Ce que l’ADEME cherche vraiment : vous faire produire moins

Si ce n’est ni l’écologie ni votre confort, qu’est-ce que c’est ? La réponse tient en deux mots : tarification incitative. Et là, le décor se découvre.

Un point d’apport volontaire équipé d’un contrôle d’accès permet de mesurer ce que chaque foyer dépose, et donc de facturer à l’usage. C’est l’objectif réel. L’ADEME, cette agence à quatre milliards d’euros de budget dont j’ai déjà décrit la dérive idéologique, le martèle dans tous ses rapports : la tarification incitative fait baisser les ordures ménagères résiduelles d’environ 30 %. On passe, en milieu rural, de 194 kilos par habitant et par an à 132. Le but n’est donc pas de mieux vous servir, ni de ramasser plus proprement. Le but est de vous faire produire moins, en transférant sur vous la contrainte et la culpabilité.

Et pour mesurer, il faut identifier. Vous croyiez déposer un sac anonyme ? C’est terminé. J’ai déjà décrit comment, dès janvier 2026, l’accès aux déchetteries du SMVIC est conditionné à la reconnaissance automatique de votre plaque, avec création d’un compte nominatif à la clé. Le molok à badge, c’est la même logique appliquée à la poubelle de tous les jours. Le geste le plus banal de la vie quotidienne, jeter ses ordures, devient un événement tracé, compté, potentiellement facturé. Le vernis écologique recouvre, là encore, un dispositif de comptage et de contrôle.

Soyons justes : le procès n’est pas celui de la réduction

Je ne veux pas charger un système au point d’en devenir malhonnête, car ce serait la meilleure façon de me faire balayer d’un revers de main. Alors concédons, et concédons franchement. Réduire le volume des déchets est un objectif parfaitement légitime, et la tarification incitative y parvient : là où elle est bien menée, après une phase d’adaptation, plusieurs territoires constatent une vraie baisse des tonnages et, parfois, un recul des dépôts sauvages. Le scandale n’est donc pas l’idée de produire moins. Personne de sensé ne défend le gaspillage. Le scandale est dans la méthode : brutale, imposée sans concertation, et surtout déployée sans le dimensionnement sérieux qui aurait rendu la transition supportable.

Concédons aussi que la SMVIC n’a rien inventé. Partout en France, des intercommunalités rurales basculent vers l’apport volontaire parce que le coût de la collecte en porte-à-porte explose en habitat dispersé. Notre territoire n’est pas une anomalie ; il est juste en avance, et cette précocité amplifie la visibilité des ratés. Mais être pionnier, c’est précisément avoir eu plus de temps que les autres pour corriger. Dix ans d’avance qui n’ont produit aucune correction, ce n’est pas une excuse, c’est une circonstance aggravante.

Concédons enfin que les incivilités ne sont pas nées avec les moloks. Des gens malpropres, il y en a partout et depuis toujours. Le système ne les crée pas de toutes pièces : il les rend spectaculairement visibles, en transformant une borne pleine en décharge à ciel ouvert. La responsabilité est donc partagée, et je l’assume : à l’usager qui abandonne son sac plutôt que de faire l’effort, mais aussi, et lourdement, au dimensionnement défaillant qui place cet usager devant une borne saturée. On n’a pas le droit d’exiger le civisme tout en fournissant un équipement qui déborde. Le civisme ne se décrète pas face à un conteneur fermé.

Aucune de ces nuances n’absout les décideurs. Au contraire, elles cernent la faute avec précision. Ce que je reproche à la SMVIC, à la mairie et à l’ADEME, ce n’est pas de vouloir moins de déchets. C’est d’avoir confondu un objectif louable avec un blanc-seing pour tout imposer sans préparation, sans dialogue et sans rendre de comptes.

Saint-Marcellin, laboratoire docile de la contrainte douce

Notre territoire n’a rien d’une victime passive : il est pionnier. La SMVIC expérimente l’apport volontaire dès 2012, puis le généralise, jusqu’à mailler le territoire de plus de deux cents points soigneusement implantés. On nous vend cette précocité comme une fierté. Je la lis plutôt comme l’aveu d’un réflexe devenu national : remplacer un service par une obligation faite à l’usager, et appeler cela une vertu.

Le plus savoureux, c’est l’opacité démocratique qui entoure tout cela. Vous avez voté pour un maire, mais c’est la com-com qui décide de vos déchets, de vos transports et de votre urbanisme. Cette assemblée d’élus que personne n’a directement mandatés a réorganisé votre quotidien sans débat public, sans étude contradictoire portée à votre connaissance, sans vote là où vous pouviez vous exprimer. On vous a retiré un camion, on vous a ajouté une corvée, et l’on vous explique que c’est pour votre bien et celui de la planète. La méthode est rodée : on l’a vue avec le stationnement payant qui multiplie les trajets inutiles sous prétexte de fluidité, on l’a vue avec les ZFE qui restreignent la liberté de circuler sous prétexte d’air pur, on la retrouve avec le DPE qui dépouille les propriétaires modestes sous prétexte de transition. Toujours le même schéma : un alibi écologique, une contrainte nouvelle, une facture déplacée.

Et si vous croyez que j’exagère sur la méthode, le centre-ville de Saint-Marcellin en a offert le cas d’école. À la mi-septembre 2025, des conteneurs ont surgi place Charles-de-Gaulle, face à l’église, plantés devant les vitrines et les maisons sans la moindre concertation. Le Mémo de l’Isère a documenté pas à pas ce qui est devenu le feuilleton des « conteneurs de la discorde » : riverains et commerçants exaspérés, installation perçue comme faite « en catimini », puis une longue série de réunions de crise où le maire et ses adjoints ont tenté de trouver un autre emplacement à ces moloks, véritable casse-tête. En décembre 2025, le constat de la presse tombait, lapidaire : aucune avancée concrète. Il aura fallu attendre le 22 avril 2026 pour que les bornes soient enfin retirées de la place, au terme de sept mois de fronde. Sept mois pour défaire ce qu’une concertation préalable de sept jours aurait évité. Voilà la « modernisation » en action : on impose, on s’enferre, et on recule quand la grogne devient intenable. Le dossier est abondamment archivé, daté, signé. Personne, dans cette affaire, ne pourra prétendre qu’il ne savait pas.

Des moloks qui débordent, des rats qui festoient

Et tout cela, au moins, fonctionnerait ? Même pas. Il suffit de passer devant un point d’apport un lendemain de réveillon, ou un simple dimanche soir, pour constater le naufrage : colonnes saturées, tambours bloqués, sacs entassés au pied des bornes, posés dessus, éventrés au sol. Le spectacle est si banal qu’il est devenu un genre à part entière sur les réseaux sociaux locaux, où les photos de PAV dévastés et les commentaires excédés s’accumulent depuis des années. Odeurs pestilentielles l’été, rongeurs qui prospèrent dans les dépôts à ciel ouvert, riverains qui refusent de laisser leurs ordures dans ce capharnaüm et repartent les chercher ailleurs : voilà la « salubrité publique » que ce système était censé préserver. Dans une ville qui prétend soigner son image et vanter sa nature, on a fabriqué des décharges à ciel ouvert au coin des rues.

Le plus consternant, c’est que rien de tout cela n’était imprévisible. Dimensionner un parc de conteneurs, ce n’est pas de la physique des particules. Il suffit de connaître le nombre de foyers desservis, leur production moyenne de déchets, la fréquence de collecte et les pics saisonniers, fêtes de fin d’année en tête. Ces données existent, elles sont même la base du métier. Pire : le problème est connu et « traité » depuis des années sans jamais être résolu. Dès 2021, la com-com annonçait fièrement moderniser ses conteneurs et porter la capacité des tambours de moloks de 30 à 70 litres. Cinq ans et plusieurs « modernisations » plus tard, les bornes débordent toujours aux mêmes dates. Qu’au bout de plus de dix ans d’apport volontaire on en soit encore à des conteneurs chroniquement sous-dimensionnés en dit long sur le sérieux de la planification. Des ingénieurs de pacotille auraient su faire cette arithmétique de CM2 ; manifestement, on a préféré déployer d’abord et constater ensuite. Et quand le citoyen, plutôt que d’abandonner son sac par terre comme un inconscient, fait quelques kilomètres de plus pour trouver une borne qui ne déborde pas, c’est encore lui qui paie en carburant l’incurie du dimensionnement.

C’est peut-être le point le plus accablant de tout le dossier. En une décennie, aucune amélioration significative. Pas de bornes mieux calibrées, pas de fréquences ajustées aux pics, pas de réponse durable à un problème pourtant identifié, signalé, photographié des centaines de fois. On a eu le temps d’ajouter des badges, des comptes nominatifs et de la reconnaissance de plaques, mais pas de faire en sorte qu’une poubelle se ferme correctement un 1er janvier. Les priorités, dans cette affaire, sont écrites noir sur blanc dans ce qui a avancé et ce qui n’a pas bougé.

Le Défenseur des droits a vu ce que la com-com refuse de voir

Il reste les oubliés du dispositif, ceux dont on ne parle jamais dans les plaquettes glacées. Et c’est sans doute le visage le plus laid de cette « modernisation ». Car le service public a un principe fondateur, gravé dans notre droit : l’égalité des usagers devant lui. Le camion qui passait devant chaque porte, lui, était parfaitement égalitaire. Il ne demandait ni voiture, ni permis, ni jambes valides, ni force pour porter un sac sur trois cents mètres. Le valide et l’invalide, le jeune et le vieux, le motorisé et le piéton étaient logés à la même enseigne. L’apport volontaire détruit cette égalité d’un seul geste. Il transforme un droit universel en une épreuve physique et logistique, et il la fait peser, comme par hasard, sur les plus fragiles.

Le Défenseur des droits l’a d’ailleurs relevé sans ambiguïté : le recours à l’apport volontaire pour les ordures ménagères fait peser une contrainte supplémentaire sur les usagers, en particulier ceux qui ont des difficultés de déplacement. Traduisez en visages concrets. La personne âgée qui n’a jamais passé le permis et qui devra traîner ses sacs à pied, par tous les temps. La personne à mobilité réduite pour qui la borne, en haut de son tambour, est tout simplement hors d’atteinte. Le foyer modeste pour qui chaque trajet exprès est un coût qu’il compte. Pour eux, la « modernisation » n’est pas un progrès : c’est un mur, érigé entre eux et un service qu’ils financent pourtant par leur taxe, exactement comme tout le monde.

Et voici la pointe du cynisme. Non contente d’exclure ces usagers, la machine les punit quand ils craquent. On a vu des gens verbalisés pour avoir déposé leurs ordures à côté d’un bac saturé ou défaillant, comme si l’incivilité avait changé de camp. On crée les conditions de l’échec, on rend le geste impossible pour une partie de la population, puis on transforme la victime en coupable et on lui colle une amende. Passer d’un service qui incluait tout le monde à un système qui discrimine les plus faibles avant de les sanctionner, ce n’est pas un progrès administratif. C’est une régression sociale qu’aucun vernis vert ne devrait pouvoir maquiller.

Voilà la mécanique dans toute sa nudité. On a pris un service public universel, rendu jusque devant votre porte, et on l’a remplacé par un libre-service saturé où l’effort, le carburant, le temps, le risque et désormais les rats sont à votre charge. Le budget de l’interco se porte mieux. Le vôtre, un peu moins. La planète, on ne sait pas trop. Le voisinage des bornes, lui, se porte franchement mal. Mais le récit, lui, reste impeccable : tout cela était écologique, citoyen, responsable.

La prochaine fois qu’on vous parlera de la « modernisation des points d’apport volontaire », rappelez-vous la règle simple qui se cache derrière chaque transition imposée : quand un service disparaît du budget public sans baisse de la taxe correspondante, ce n’est pas qu’il a été supprimé. C’est qu’il a été transféré. Et le nouveau prestataire, gratuit, corvéable à merci et sommé de tolérer des bornes qui débordent depuis dix ans, c’est vous.

Reste une dernière chose, et elle n’est pas négociable. Tout ce que je viens de décrire est public : les décisions de l’interco, les hausses de taxe, les réunions de crise, les promesses de capacité jamais tenues, les photos par centaines, les comptes rendus de presse datés et signés. Le décor des municipales de 2026 ne devra pas servir d’écran de fumée ni d’amnistie. On n’a pas le droit d’imposer en catimini, de s’entêter sept mois, puis de reculer en espérant que tout le monde oubliera qui a décidé quoi. La SMVIC, la mairie de Saint-Marcellin et les élus qui ont validé ce fiasco en répondent. Le rôle d’un citoyen, et le mien en tant que blogueur, c’est de faire en sorte qu’ils ne puissent pas fuir cette responsabilité.


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Dans l'ombre vacillante d'une chandelle, où les murmures du vent se mêlent aux secrets d'un vieux parchemin, je vous invite à tisser une toile de mots. Écrivez quelques éclats d'âme – rêve, étoile, abîme, étreinte, brume – et laissez-les danser sur la page, comme des lucioles dans une nuit d'encre. Que diriez-vous de les entrelacer dans une phrase, un souffle, une histoire ?

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