Les seigneurs de la Cumane
Deux familles ont porté en Dauphiné le nom de Cumane : les Dijon de Cumane, originaires de Beaurepaire, et les Ruzan de Cumane, plus proches de Saint-Marcellin, puisqu’ils possédèrent le château de Cumane, sur la commune de Saint-Sauveur, près de Saint-Marcellin.
Les Ruzan de Ronchive
Me Antoine de Ruzan de Ronchive est notaire et secrétaire de la ville de Saint-Marcellin au XVIIe siècle. Séraphin, né en 1636, sans doute son fils, bourgeois de Saint-Marcellin, épouse en 1672 Françoise Allard de Fontcouverte. Leur fils Joachim-Antoine, avocat général au parlement, achète la Cumane le 10 mars 1710 à une du Vache, épouse de Jean-Joseph de Chambarand : la terre comptait parmi les fiefs des du Vache de Saint-Marcellin. Un Ronchive de Cumane hérita aussi de son oncle, Déageant de Morges, la maison du 14 rue Jean-Baillet, qu’il vendit à M. de Lessertat, de qui l’acquit Mme de Murinais.
Bouffier, Dijon et Sérézin
Par le mariage de Françoise de Ruzan avec Pierre de Bouffier, trésorier général de France, contracté à Saint-Marcellin en 1725, le château passe aux Bouffier, puis, en 1753, à leur fille Marie, qui l’apporte à son mari, Antoine Dijon du Fert, conseiller à la Chambre des comptes. Leur fille Françoise en hérite et épouse en 1774 Pierre-Just d’Alliez, conseiller-maître à la Chambre des comptes ; le couple n’ayant pas d’enfants, la Cumane passera à leur nièce, Madame de Sérézin. Le frère de Françoise, Jean-Baptiste-Anthoine de Dijon, garde du corps de Louis XVI, se marie à Saint-Marcellin en 1785 et figure à l’assemblée de Romans en 1788 sous le nom de Dijon de Cumane ; sa fille Zoé épouse André-Louis Rozier de Linage. Son fils Charles-Just-Scipion (1791-1882), garde du corps de Louis XVIII, épouse à Saint-Marcellin en 1814 une Biosse du Plan de Presles.
En 1868, la Cumane appartient aux Sérézin, qui la vendent le 13 décembre 1882 à Émile Hoffherr, de Lyon, pour 101 000 francs ; celui-ci achète aussi en 1893 l’ancienne brasserie du bas du faubourg. Le viaduc du chemin de fer traverse la propriété, dont les propriétaires gardaient le droit de passer sous les arches. Vers 1910, la Cumane passe à la fille d’Émile Hoffherr, Georgette, épouse Debono.
Sources
- Jean Sorrel, Histoire de Saint-Marcellin, chapitres XIII et XVI
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