Les Robin du Vernay et du Truchey
On voit encore les armes des Robin, un lion sous trois croissants, sur la façade de leur hôtel, dans la cour du 40 Grande Rue. Jean Robin, natif de Saint-Jean-en-Royans, vit à Vinay en 1545 ; son fils Guillaume, notaire royal à Vinay, épouse en 1589 Sarra Gilbert de Colonges. Leurs descendants se fixent à Saint-Marcellin et y donnent des magistrats.
Les Robin du Truchey
Hugues Robin, docteur en droit, avocat au bailliage, épouse en 1628 Madeleine Pascal ; leur fils François, avocat, épouse Olympe Rebut. Leur fils Jean Robin du Truchey (1656-1716), conseiller du roi, est maire perpétuel et capitaine-châtelain de Saint-Marcellin ; il épouse en 1691 Françoise de La Grange. Parmi leurs onze enfants : François (1692-1741), capitaine-châtelain et lieutenant général de police, époux de Jeanne Boisset, mort sans postérité ; deux religieux antonins, un carme, un frère de Saint-Jean-de-Dieu, un chanoine de Saint-Benoît de Paris ; et Claude Robin du Vernay (1706-1766), lieutenant au régiment de Toulouse, capitaine-châtelain et lieutenant général de police à son tour. Claude habite la grande maison qui occupe les actuels n° 1 et 3 de la place d’Armes ; en 1754, alors qu’il lit l’arrêt du parlement interdisant aux cabaretiers d’acheter du vin ailleurs tant que celui de la commune n’est pas vendu, un soldat nommé Brun le saisit au collet, et il faut la maréchaussée pour disperser les émeutiers.
Les Robin du Vernay
Fils de Claude et de Louise-Marie Rocher, Antoine Robin du Truchey du Vernay (1751-1828), avocat au moment de la Révolution, abandonne sa charge pour cultiver ses trois petites fermes. Officier municipal, il figure en 1793 sur la liste des « simplement suspects » ; emprisonné comme ci-devant, il échappe à la guillotine grâce à des fonctionnaires qui le connaissaient et aux réclamations des paysans de ses terres, et devient ensuite conseiller correcteur. Son fils Lambert-Antoine Robin du Vernay (1782-1873), jurisconsulte, maire de Saint-Marcellin en 1817, est celui à qui la ville doit la promenade de Joud : il achète le plateau, mis en vente par les Beaumont, grâce à une souscription, puis le cède à la ville. Il épouse en 1812 Claire-Virginie-Émilie de Cormod, apparentée au chevalier de Cormod dont l’impasse Cormod porte le nom ; leur fils Gustave meurt célibataire en 1882. Jean-Louis-Frédéric Robin du Vernay (1796-1865), avocat, est lui aussi maire de la ville ; sa fille Aglaé, épouse Verdollin, habite en face du n° 40, au n° 53 de la Grande Rue.
Les enfants de Jean-Louis-Frédéric meurent sans postérité, à l’exception de Laure-Angèle, mariée en 1870 à Auguste-Aimé Caffarel ; leur fille épouse en 1893 Louis Fellot, et la famille se continue chez les Fellot, qui en conservent les archives. Ce n’était pas la première alliance : deux filles de Claude Robin du Vernay avaient déjà épousé, au XVIIIe siècle, le notaire Joseph-Louis Fellot.
Sources
- Jean Sorrel, Histoire de Saint-Marcellin, chapitres III, IX, XII, XIII, XIV et XVI
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