Les La Croix de Chevrières

Cette grande famille du Dauphiné tient sa place dans l’histoire de Saint-Marcellin par une alliance : le mariage, le 7 septembre 1577, de Barbe d’Arzac, fille du vibailli Joachim d’Arzag, avec Jean III de La Croix de Chevrières.

Des Guerre aux La Croix

La famille s’appelait primitivement Guerre. Un gentilhomme nommé Lacroix ayant légué ses biens à Jean Guerre en 1476, ses descendants prirent le nom de leur bienfaiteur. Félix de La Croix, conseiller au parlement sous François Ier, mort en 1583, achète en 1560 à Diane de Poitiers la terre de Chevrières, érigée en marquisat en 1682.

Jean, du mortier à la mitre

Né en 1555, son fils Jean est seigneur de Chevrières, de Brié, d’Ornacieux, baron de Serve et de Clérieu, comte de Saint-Vallier ; il achète encore en 1607 la seigneurie de Pisançon. Nommé conseiller au parlement en 1578, à vingt-deux ans, avec dispense d’âge, à la place de Guillaume Gilbert, il devient avocat général en 1585 ; orateur réputé, il rivalise au palais avec Claude Expilly. Ligueur, intendant des finances du duc de Mayenne, rallié ensuite à Henri IV, il devient surintendant des finances du Dauphiné et conseiller d’État ; garde des sceaux du conseil de Chambéry en 1600, il négocie la paix avec la Savoie, puis obtient en 1603 un office de président à mortier. Veuf de Barbe d’Arzac depuis 1594, il échange en 1607 son mortier contre une mitre : il est évêque de Grenoble jusqu’à sa mort, à Paris, le 8 mars 1619. Son épiscopat voit l’installation des Capucins à Grenoble. Son corps repose dans le tombeau de ses ancêtres, en l’église Saint-Barnard de Romans.

Les enfants de Barbe d’Arzac

Le couple eut cinq enfants. Félix, conseiller au parlement en 1607, continue la branche aînée des marquis de Saint-Vallier et de Chevrières ; en 1612, il résigne sa charge en faveur de son beau-frère, Laurent de Rabot, époux de sa sœur Marguerite. Leur autre sœur, Catherine, épouse Pierre de La Baume, conseiller au parlement. Jean forme la branche des marquis de Pisançon. Alphonse, seigneur d’Ornacieux, que son père fait nommer coadjuteur malgré ceux qui refusent un épiscopat héréditaire, est sacré évêque de Calcédoine à Lyon en 1615 et succède à son père à Grenoble en 1619 ; il démissionne dès 1620 pour cause d’infirmités1 et se retire à Saint-Marcellin, où il meurt en 1637. En 1643, Jean de La Croix, président au parlement de Bourgogne, petit-fils de l’évêque, achète les terres de Lieudieu et de Blanieu et réunit Blanieu à la châtellenie de Chevrières. La famille posséda aussi la seigneurie de Saint-Romans de 1708 à 1715. Ses armes : « d’azur au buste de cheval d’or animé de gueules, au chef cousu de gueules chargé de trois croisettes d’argent », avec les devises Indomitum domuere cruces et Victricia signa secutus.


  1. Le livre date cette démission de 1621, mais son successeur, Pierre Scarron, est nommé évêque de Grenoble le 14 décembre 1620 et sacré le 12 avril 1621. ↩

Sources

  • Jean Sorrel, Histoire de Saint-Marcellin, chapitre XVI

Écrivez quelques éclats d'âme...

Dans l'ombre vacillante d'une chandelle, où les murmures du vent se mêlent aux secrets d'un vieux parchemin, je vous invite à tisser une toile de mots. Écrivez quelques éclats d'âme – rêve, étoile, abîme, étreinte, brume – et laissez-les danser sur la page, comme des lucioles dans une nuit d'encre. Que diriez-vous de les entrelacer dans une phrase, un souffle, une histoire ?

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Source : https://paul.argoud.net/saint-marcellin-isere/histoire/famille-de-la-croix-de-chevrieres/