Les La Combe-Maloc

La place Lacombe-Maloc, près de l’ancienne porte de Romans, garde la mémoire d’un magistrat mort pour sa ville. Le nom réunit deux familles : les Maloc, ou Malot, qu’on peut suivre depuis 1227, et les La Combe, venus de Lombardie selon Guy Allard, unis par le mariage de Robert de La Combe et d’Alice de Maloc, en 14101. Au XVIIe siècle, les La Combe Malot possèdent la maison-forte de Malot, à Saint-Romans.

Charles, le procureur supplicié

Humbert de La Combe Maloc est procureur fiscal delphinal au bailliage de Saint-Marcellin en 1512. Son fils Charles, d’abord reçu greffier en 1529, lui succède dans cette charge. En juin 1562, il appuie le prieur des Carmes qui pousse la ville à ouvrir ses portes à Maugiron. Quand le baron des Adrets revient assiéger Saint-Marcellin, Maugiron s’enfuit de nuit avec ses troupes ; le 25 juin, les protestants enfoncent la porte de Romans. Le prieur est pendu sous cette porte, puis vient le tour du procureur. Selon Jean Sorrel, on lui attache une corde au cou, reliée à un cheval, et on le traîne par les rues jusqu’à la mort ; d’autres auteurs le disent pendu, et Chorier parle seulement d’une « mort ignominieuse ». La place, baptisée en 1860, perpétue ce souvenir ; la tour ronde du rempart qui en formait l’angle, dite tour Lacombe-Maloc, a été démolie en 1951. Près du parc de la maison dite « Lacombe Maloc » s’élevait une chapelle Saint-Laurent, où l’on venait en procession le 10 août ; la vogue qui s’y tint jusqu’en 1893 est à l’origine de la foire du 10 août. Le frère de Charles, Jacques, fit carrière dans l’armée et commanda en Bourgogne.

Les châtelains de Beauvoir

Leur oncle Didier, vivant en 1500, présent à la bataille de Pavie en 1525, devient capitaine-châtelain royal du mandement de Beauvoir ; son fils Berthon lui succède. Le fils aîné de Berthon, Didier, a six enfants, dont Jeanne, ursuline à Saint-Marcellin, et François, capitaine-châtelain de Beauvoir à son tour, qui épouse Claire de Garagnol. Déclaré « non noble » par l’intendant le 9 avril 1641, faute de preuves, François garde pourtant la particule ; il meurt en 1680. Son fils aîné Antoine meurt sans enfants en 1706 et partage l’héritage entre sa sœur Marie-Anne et son frère François de La Combe Malot, chanoine de la cathédrale de Grenoble, prieur de La Mure et directeur de l’hôpital de Grenoble. Par testament du 10 mai 1722, le chanoine fait sa nièce Louise Dulac son héritière universelle ; elle est l’épouse d’Antoine de La Grange, avocat, assesseur au bailliage, présent à l’assemblée des trois ordres de 1731. La famille s’éteint au XVIIIe siècle. Ses armes : « palé et contrepalé d’argent et de gueules de six pièces ».


  1. Le livre donne cette date de 1410, tout en écrivant que les La Combe n’apparaissent dans le mandement qu’à la fin du XVe siècle. ↩

Sources

  • Jean Sorrel, Histoire de Saint-Marcellin, chapitres III, V, XII et XVI
  • A. Lacroix, Saint-Marcellin, Grenoble, Xavier Drevet (Bibliothèque historique du Dauphiné), p. 34 et 41,
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Écrivez quelques éclats d'âme...

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Source : https://paul.argoud.net/saint-marcellin-isere/histoire/famille-de-la-combe-maloc/