Les Dantour

Ancienne famille notable de Saint-Marcellin, présente dès le XVIe siècle, les Dantour, ou d’Antour, manifestent des prétentions à la noblesse vers la fin du XVIIIe siècle. Leurs armes : « d’argent au cœur de gueules, parti de gueules au lion d’or ».

Procureurs et trésoriers

Jean Dantour, procureur héréditaire au bailliage et lieutenant du capitaine-châtelain royal, vit en 1628. Claude, trésorier général de France, épouse Madeleine Brenier, morte en 1744. François Dantour-Veyfin, avocat au bailliage puis au parlement, fait enregistrer ses armes en 1696. En 1746, la famille possède une maison au fond de la place d’Armes. Claude-François (1715-1806), trésorier de France, épouse Marguerite Perrotin de Bellegarde, d’une famille dont un membre, seigneur de Roybon, représente la noblesse à l’assemblée de Vizille ; sa sœur Marie épouse en 1758 Melchior Simon, avocat à Saint-Marcellin. La famille fournit aussi un curé de la ville en 1760. En 1793, « Dantour père, ex-noble », sans doute Claude-François, figure parmi les « simplement suspects » du district.

Abel, le dernier conseiller

Fils de Claude-François, Abel Dantour, né à Saint-Marcellin en juillet 1760, avocat, est nommé conseiller au parlement de Grenoble par lettres du 3 octobre 1781, à vingt et un ans, avec dispense d’âge, à la place de Jean-Antoine de Brenier ; il siège encore en 1790, quand le parlement est supprimé. Marié en 1806 à Françoise-Victoire de La Tour-du-Pin, il meurt sans postérité, dernier représentant mâle de sa famille. Sa sœur Jeanne-Antoinette-Eugénie avait épousé en 1798 Joseph de Boissieu-Perrin, lieutenant de gendarmerie à Grenoble ; elle meurt en 1802.

La chanoinesse

Leur sœur Marie-Anne Dantour, née en 1761, prieure du monastère royal de Montfleury, porte le titre de chanoinesse. En 1838, la maison et le jardin de « la dame Dantour-Montfleury », sans doute elle, touchent l’ancien château, près de la cure. Elle soutient de ses deniers les écoles chrétiennes des Frères installées au château, et fait venir en 1840 les sœurs gardes-malades de Notre-Dame du Bon-Secours, de Lyon, dont c’est l’une des premières communautés hors de cette ville ; elles soigneront les malades de Saint-Marcellin jusqu’en 1970. Le passage de Bon-Secours, qui longe l’église vers la vieille cure, porte leur nom depuis 1860. Elle meurt à Saint-Marcellin en 1842, à quatre-vingt-un ans.

Sources

  • Jean Sorrel, Histoire de Saint-Marcellin, chapitres XII, XIII, XIV et XVI
  • Armorial de Dauphiné
  • Date de publication :

Écrivez quelques éclats d'âme...

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Source : https://paul.argoud.net/saint-marcellin-isere/histoire/famille-dantour/