1 place de l’Église
- Voie : Place de l'Église
Maison de Monsieur Drevon « bourgeois » dont la large façade conserve ses fenêtres à meneaux.
Les premiers propriétaires connus apparaissent sur une photographie prise en août 1901 : Isidore Duboucher, né en 1878, et son épouse Joséphine, née en 1882. Le café porte alors leur nom. Jusqu’en 1912, un « Café Duboucher » est cité à plusieurs reprises dans la presse locale, sans qu’on puisse affirmer qu’il s’agisse toujours du même établissement. Le nom perdure en tout cas : une carte postale envoyée en 1916 le mentionne encore.
À cette date, pourtant, les Duboucher ont déjà cédé l’affaire. Avant 1915, ils l’avaient vendue à Paul Dubouchez et à son épouse Julienne, née en 1890. Paul meurt à la guerre en janvier 1915, et Julienne reprend seule l’exploitation du café. En février 1922, elle se remarie avec Francisque Maleval, né en 1879. Comptable de profession, celui-ci laisse à son épouse la conduite du commerce.
Le couple tient le café au moins jusqu’en 1923. En mai de cette année-là, l’établissement est le théâtre d’un incident spectaculaire : un cheval emballé remonte la rue des Dauphins puis la rue de Beauvoir. Lorsqu’un agent de police tente de l’arrêter, l’animal se jette dans la fenêtre du café, brise la croisée et pénètre dans la salle avant d’être enfin maîtrisé.
Le 31 janvier 1924, le fonds est vendu à Étienne et Marguerite Glénat, domiciliés à Villeurbanne. Une photographie, prise à une date inconnue, les montre entourés de leur famille et de quelques clients.
Le 1er mars 1936, le café change une nouvelle fois de mains : Marcel et Laure Fanjas en font l’acquisition et lui donnent le nom sous lequel il est encore connu aujourd’hui. Ils l’exploitent pendant trente-cinq ans, jusqu’au 31 décembre 1971. Le 1er juillet 1972, leur fille, Simone Chatagner, prend la suite. Elle qui y servait déjà adolescente le tiendra pendant plus d’un demi-siècle : en 2025, à 82 ans, elle est toujours derrière le service.
En mars 2026, Simone prend sa retraite et son fils, Christian Chatagner, reprend l’affaire. Âgé de 61 ans, cet ancien commercial n’est pas un inconnu dans la vie commerçante saint-marcellinoise : de 1986 à 1997, il avait tenu le bureau de tabac de la rue de Beauvoir, à quelques mètres du café familial. Il représente la troisième génération de la famille à exploiter l’établissement, qui reste ainsi entre les mêmes mains depuis 1936. Sa mère, elle, n’est jamais bien loin : elle vient chaque jour et lui donne régulièrement un coup de main.
Situé au bout de la Grande-Rue, le café Fanjas est resté « dans son jus » : sa décoration n’a pas changé depuis les années 1930, et il présente la particularité, rare, de ne pas avoir de comptoir. Sa clientèle, surtout composée d’habitués et de retraités, y vient chercher le calme et la convivialité d’un bar de village. Christian Chatagner n’entend pas y toucher : il sait que c’est précisément ce cadre préservé qui fidélise sa clientèle.
Historique
| Début | Fin | Type | Enseigne | Nom |
| Propriétaire | Monsieur Drevon | |||
| Propriétaire | Café Duboucher | Isidore Duboucher (1878) et Joésphine (1882) | ||
| 1914 | Propriétaire | Café Duboucher | Paul Duboucher et Julienne (1890) | |
| 1923 | Propriétaire | Café Duboucher | Francisque Maleval et Julienne | |
| 31/01/1924 | Propriétaire | Étienne Glénat et Marguerite | ||
| 19/02/1936 | 30/06/1972 | Débits de boissons | Café Fanjas | Marcel et Laure Fanjas |
| 01/07/1972 | 28/02/2026 | Débits de boissons | Café Fanjas | Simone Chatagner (1943) |
| 01/03/2026 | Débits de boissons | Café Fanjas | Christian Chatagner | |