Les du Vache

Trois familles du Vache, d’origines différentes, ont compté dans le passé de Saint-Marcellin.

Les du Vache de Saint-Marcellin

La filiation remonte sûrement à Guillaume du Vache, époux de Catherine Brenier, qui rend hommage au dauphin en 1413 pour ses biens des mandements de Saint-Marcellin et de Chevrières. On a prétendu que la famille venait d’une illustre maison de Saluces, les Vacca, réfugiée en Dauphiné au temps des guerres entre Guelfes et Gibelins ; les Vacca de Saluces reconnaissaient en tout cas les du Vache du Dauphiné et les admettaient dans leur arbre. Jean du Vache est nommé maître à la Chambre des comptes en 1615 ; à sa mort, en 1630, son neveu et héritier Jean, fils d’Étienne du Vache et de Guillaumette d’Arzac, lui succède. Un autre fils d’Étienne, Joachim, puis le fils de celui-ci, Henri, sont conseillers-assesseurs au bailliage de Saint-Marcellin ; un second fils de Joachim, Ennemond, est conseiller au parlement en 1670.

Le plus marquant est Jean du Vache, baron de Châteauneuf-de-l’Albenc, seigneur de l’Albenc, de Vatilieu et de Monteynard, président de la Chambre des comptes en 1643. Il est tenu pour le fondateur du couvent des Récollets de Saint-Marcellin, Notre-Dame des Anges, établi en 1618 hors des remparts, contre le coteau de Joud, dans une propriété d’Antoine Brenier : l’archevêque de Vienne bénit la fondation le 1er avril 1619 (la première pierre en 1620, selon une autre source), mais le chantier, faute de fonds, ne reprend vraiment qu’au début des années 1630, grâce à ses libéralités. La rue des Récollets, qui y conduit, en garde le nom. Il fonde aussi le couvent des Récollets de Grenoble, près de l’évêché, où il institue en 1659 une messe quotidienne pour lui, qu’un religieux doit dire dans la chapelle de la Chambre des comptes. Il achète en 1630 la maison-forte d’Hières, à Chatte, et en 1639 la baronnie de Châteauneuf-de-l’Albenc, puis offre en 1648 à l’abbaye de Saint-Antoine un reliquaire d’ébène et d’argent. Il meurt en 1670, ne laissant de Gasparde de Monteynard qu’une fille, Gabrielle. Armes : « d’argent à la vache passante de gueules ; au chef d’azur », avec la devise Pax in virtute.

Les du Vache de Chabeuil

La deuxième famille, venue de Chabeuil, possédait Peyrins et Establet. L’un des siens, Joffrey du Vache, est capitaine et gouverneur de Saint-Marcellin en 1560. La famille compte des conseillers au parlement, des châtelains de Chabeuil et un gentilhomme ordinaire de la Chambre du roi ; ses filles épousent des parlementaires et, pour Marthe-Marie, fille de Claude du Vache, seigneur de Peyrins, Soffrey de Calignon, l’un des rédacteurs de l’édit de Nantes. Louis du Vache, seigneur d’Establet, conseiller au parlement, règle en 1598 avec Claude de La Porte une querelle sur les eaux de la Cumane ; la même année, une controverse publique entre l’abbé de Saint-Antoine et le ministre Caille se tient à Saint-Marcellin chez sa femme. Un du Vache, que le livre rattache à cette famille, est pourvu de la charge de vibailli de Saint-Marcellin par le prince de La Roche-sur-Yon, avec l’appui de Des Adrets auprès de Gordes ; mais le duc de Montpensier, successeur du prince à la tête de la province, révoque ses provisions vers 1566, faute d’installation1.

Les du Vache de Tournon

La troisième, venue de Tournon à Saint-Marcellin, s’éteint avec Antoine et Michel du Vache, vivant en 1535 et morts sans alliance.


  1. Le livre le montre pourtant exerçant sa charge quand, en novembre 1567, Gordes compte sur lui pour tenir la ville. ↩

Sources

  • Jean Sorrel, Histoire de Saint-Marcellin, chapitres II, III, V, VII, X et XVI
  • A. Lacroix, Saint-Marcellin, Grenoble, Xavier Drevet (Bibliothèque historique du Dauphiné), p. 28, 31, 34-35 et 41,
  • Les rues racontent notre histoire, Saint-Marcellin,
  • Ville de Saint-Marcellin, Patrimoine de Saint-Marcellin, circuits,
  • Lycée d’enseignement agricole privé Bellevue, « Un peu d’histoire »
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Source : https://paul.argoud.net/saint-marcellin-isere/histoire/famille-du-vache/