Les Chabert d’Hières
Noblesse de robe, les Chabert d’Hières portent en 1698 « d’azur au lion échiqueté d’or et de sable ». Ils s’allient aux La Grange, aux Sismondi, aux La Grée, dont sortit Ernest de La Grée, premier explorateur du Mékong, aux Geoffray, qui donnèrent un général des Chartreux et un ministre plénipotentiaire à Washington, aux Chichilhaine et aux Gaudemaris.
Une maison de la Grande Rue
Le plan de Peyret de 1746 place leur maison de Saint-Marcellin à l’actuel n° 57 de la Grande Rue, face au débouché de la rue Garagnol. Une ruelle étroite, fermée depuis, la séparait de l’église des Carmes, aujourd’hui disparue, et rejoignait la rue des Remparts ; un portail en ogive, ancien accès du chœur de cette église, ouvre sur sa cour, et l’on y distinguait encore en 1979 un dauphin héraldique peint. À la fin du XIXe siècle, une pièce donnant sur cette cour abrite l’imprimerie d’Auguste Giroud, qui y imprime en 1888 l’Histoire de Saint-Marcellin de Raymond Bonnat ; celle de Barbier-Durozier y fonctionne ensuite jusqu’en 1914.
Victor-François Chabert, nommé conseiller-maître à la Chambre des comptes par lettres du 17 mai 1772, achète sous la Révolution une vigne d’Hières qui avait appartenu aux Ursulines, vendue comme bien national ; en l’an X, il figure avec l’ancien conventionnel Boissieu sur la liste des jurés de l’arrondissement. Une Marie de Chabert, fille d’un conseiller du roi, épouse en 1749 Adrien Bocon de Lamerlière. En 1884, Paul Chabert d’Hières est le parrain de la grosse cloche de l’église paroissiale, coulée par les Paccard, et Caroline et Emma Chabert d’Hières en sont les marraines.
La maison-forte d’Hières
La maison forte d’Hières, à Chatte, dont la famille porte le nom, se cache à mi-coteau dans les sapins. Elle appartient à noble Aynard de Bourchenu quand les protestants l’incendient en partie, en 1592. Jean du Vache, seigneur de l’Albenc, maître aux comptes et fondateur des Récollets de Saint-Marcellin, l’achète en 1630 ; sa veuve la revend à Claude Pélerin, de Chatte. Un siècle plus tard, Victor Chabert l’acquiert ; restaurée, elle est restée dans la famille. Paul Chabert d’Hières, propriétaire à Montbonnot, puis son fils Léon y ont entretenu une tradition de charité, et le petit-fils de Paul en est propriétaire quand Jean Sorrel écrit, vers 1978.
Sources
- Jean Sorrel, Histoire de Saint-Marcellin, chapitres I, X, XIII, XIV et XVI
- Dictionnaire annuaire et album de l’Isère, Paris, Flammarion
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