1 rue Jean Baillet – La maison du bailliage
- Voie : Rue Jean Baillet
Histoire
Face à l’église paroissiale, au carrefour des quatre voies principales de la ville, se dresse l’ancienne maison du bailliage. Pendant près de cinq siècles, ce lieu a été le cœur judiciaire et administratif de Saint-Marcellin et d’un vaste territoire du Bas-Dauphiné.
L’histoire commence avec Humbert II, dernier dauphin du Viennois, qui réside souvent dans son château de Beauvoir-en-Royans tout proche. De 1337 à 1340, il installe ici le conseil delphinal, la plus haute instance de gouvernement et de justice de la principauté. Transféré ensuite à Grenoble, ce conseil deviendra en 1453 le parlement du Dauphiné. Saint-Marcellin ne perd pas pour autant son rang : en 1343, l’année même où Humbert II accorde à ses habitants une charte de libertés et les autorise à se doter de remparts, la ville devient le siège de la grande cour et judicature du Viennois et Valentinois, ainsi que de plusieurs juridictions d’appel. Cette cour majeure y siège jusqu’au début du XVe siècle.
Saint-Marcellin devient alors, avec Grenoble et Vienne, le siège de l’un des trois bailliages du Viennois, rang qu’elle conserve jusqu’à la Révolution. Son ressort est immense : il s’étend d’Anneyron jusqu’à Tain-l’Hermitage, et de Moirans jusqu’à Chatuzange. La justice y est rendue au nom du roi par le vibailli, lieutenant du bailli, entouré de procureurs, avocats, greffiers et officiers royaux ; au XVIIIe siècle, le bailliage emploie jusqu’à cinquante-huit personnes. Cette présence fait de Saint-Marcellin, jusqu’à la Révolution, une ville d’hommes de loi, de nobles et de notables, dont les belles demeures de la Grande Rue gardent encore le souvenir.
Plusieurs familles de la ville ont marqué la charge de vibailli : Étienne Déagent, conseiller du roi, vers 1400 ; Guigues Rivail, de 1486 à 1493 ; puis les Garagnol, anoblis par Henri IV en 1605, qui l’occupent pendant près d’un siècle ; enfin les Beaumont, avec Jacques de Beaumont en 1698 et son fils Melchior-Antoine en 1731. Le bailliage a aussi connu des heures tragiques : en juin 1562, lors de la prise de la ville par le baron des Adrets, le procureur du roi Charles de Lacombe-Maloc est attaché à un cheval et traîné dans les rues jusqu’à la mort. En 1595, Saint-Marcellin accueille l’assemblée des États provinciaux, où l’avocat Claude Lagrange, lieutenant au bailliage, joue un rôle important dans le « procès des tailles ».
La maison actuelle a été reconstruite au début du XVIIe siècle. Le rez-de-chaussée abritait l’administration du bailliage ; au premier étage se trouvait la grande salle d’audience où siégeait le vibailli. À l’arrière du bâtiment subsistent les vestiges des anciens cachots où l’on enfermait les prévenus. Après la Révolution, la maison reste un lieu de justice : elle accueille le tribunal jusqu’à l’inauguration, en 1861, du palais de justice actuel, œuvre de l’architecte départemental Riondel.
Avant de quitter les lieux, levez les yeux : en face de la maison du bailliage, au premier étage, une fenêtre à meneaux du XVIe siècle a traversé les siècles. Et au bas des marches du parvis de l’église, une fontaine coule toujours, à l’emplacement où un grand réservoir alimentait autrefois les habitants et servait de vivier pour les poissons vendus pendant le carême.
1 Bis
Le 1 Bis rue Jean Baillet est enclavé dans le « Bailliage royal » sis au 1 rue Jean Baillet.
| Début | Fin | Type | Enseigne | Nom |
| Particulier | Madame Simon | |||
| 01/07/1991 | 01/01/1998 | Pompes funèbres | Sud-Est Services | Roblot |
| 01/01/1998 | 30/06/2011 | Pompes funèbres | OGF | |
| 04/04/2005 | 30/11/2005 | Commerce de détail de biens d’occasion | Planète Jeux | Jean-Claude Phippaz Turban (1974) |
| Association caritative | La Petite Boutique | Secours Catholique Caritas France | ||