EDIP : comment l’industrie de défense française va se faire rouler par Bruxelles

L’industrie de défense est l’un des derniers secteurs français encore debout. Son secret : l’article 346 du traité européen protège les « intérêts essentiels de sécurité » des États membres. Bruxelles ne pouvait pas y toucher.

Depuis quelques années, la Commission grignote. L’European Defence Fund, EDIRPA, quelques centaines de millions pour s’installer dans le paysage. Avec le règlement EDIP voté en décembre, on change d’échelle : c’est un transfert de compétences structurel, pensé pour durer et s’élargir. La méthode est rodée : on l’a vue à l’œuvre avec la fabrication du consentement européen.

Quand on vous parle d' »Europe de la défense », traduisez : montée en puissance d’une Commission sans expertise, qui sera influencée par ceux qui savent lui parler. Et à ce jeu, Rheinmetall part avec une longueur d’avance sur Dassault. Von der Leyen était ministre de la Défense allemande, pas française.

L’Allemagne part favorite

Elle est premier exportateur d’armement en Europe. Elle a torpillé MAWS, lâché le Tigre, choisi Boeing, repoussé l’artillerie du futur. Elle met son veto à nos exportations dès qu’un composant allemand est en jeu.

EDIP et SAFE contiennent des garde-fous (consortia multinationaux, clauses de sécurité d’approvisionnement). Mais ces règles s’interprètent, se contournent, s’érodent. L’Allemagne sait faire. Et Rheinmetall mène une politique d’acquisition agressive : 8 milliards d’euros investis en deux ans dans de nouvelles usines et rachats.

Je ne dis pas que c’est joué. Je dis que le rapport de force penche, et que rien dans la trajectoire actuelle ne l’inverse. Même le projet Bromo, censé incarner l’ambition spatiale européenne, illustre les tensions permanentes entre capitales.

Paris n’arrange rien

On pourrait espérer que le gouvernement compense en défendant nos positions. Fin janvier, Bercy a autorisé la vente de LMB Aerospace (composants présents dans nos Rafale, sous-marins, porte-avions) à un groupe américain. Contre l’avis de la DGA.

Un cas isolé ? Peut-être. Mais un signal : quand l’arbitrage est serré, Bercy choisit la finance contre la souveraineté. Tikehau, le vendeur, avait reçu 150 millions d’argent public pendant le Covid pour « consolider » notre industrie aéronautique. Cet argent aura servi à préparer une sortie américaine. Le même schéma que nos terres rares cédées à la Chine.

Ce n’est pas une capitulation générale. C’est une pente : la même qui nous a menés au piège Aghionien.

Il y a trente ans, on a laissé Bruxelles entrer dans l’énergie. L’industrie de défense est la prochaine cible. L’article 346 existe encore, mais pour combien de temps ?


Écrivez quelques éclats d'âme...

Dans l'ombre vacillante d'une chandelle, où les murmures du vent se mêlent aux secrets d'un vieux parchemin, je vous invite à tisser une toile de mots. Écrivez quelques éclats d'âme – rêve, étoile, abîme, étreinte, brume – et laissez-les danser sur la page, comme des lucioles dans une nuit d'encre. Que diriez-vous de les entrelacer dans une phrase, un souffle, une histoire ?

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