Philosophie et existentialisme

La philosophie n’intervient pas ici comme référence décorative, elle sert à poser les questions que le reste du blog rencontre sans pouvoir les traiter : ce que devient une pensée quand elle est déléguée à une machine, ce que la nostalgie fabrique dans un cerveau qui préfère le passé qu’il s’invente, pourquoi la promesse de vaincre le vieillissement relève du messianisme plutôt que de la médecine, et ce que veut dire un mot quand celui qui l’emploie a intérêt à ce qu’il glisse. Cette catégorie assume aussi les textes les plus personnels du blog, sur la rupture, sur le confort qu’on finit par trouver dans la tristesse, sur ce qui se passe la nuit dans un esprit qui ne dort pas. Vous y trouverez des lectures d’Orwell et de Huxley remises au présent, un examen de la French Theory et de ce qu’elle a laissé derrière elle, et l’idée récurrente que la technique ne dispense jamais de la question du sens, elle ne fait que la déplacer. Écrit sans jargon d’école, avec la conviction que penser sert d’abord à ne pas se raconter d’histoires.

Le chanfrein et la lumière : 112 grammes de certitude

Culture

Il existe des objets qu’on utilise, et d’autres qu’on contemple. L’iPhone 5S Gris Sidéral était les deux à la fois. Son chanfrein diamanté, son aluminium anodisé, ses 112 grammes de perfection représentent l’apogée d’une lignée née avec l’iPhone 4 et que personne, chez Apple, n’a su ni voulu prolonger. Ceci est une ode au dernier iPhone qu’on pouvait aimer sans raison utilitaire.

IPv6 : l’Esperanto des réseaux

Technologie

IPv6 est né la même année que Windows 98. L’un est dans un musée. L’autre est dans les « objectifs de migration 2027 ». Après 27 ans, moins de la moitié d’Internet a basculé, non pas parce que les ingénieurs réseau sont incompétents, mais parce que la solution elle-même est un chef-d’œuvre d’over-engineering que le réel refuse d’adopter. Quand le monde entier vous dit non pendant trois décennies, le problème n’est peut-être pas le monde.

On ne commande pas un enfant

Société

La GPA n’est pas un progrès, c’est une industrie à 21 milliards de dollars qui exploite le corps des femmes précaires au profit de commanditaires fortunés. Du microchimérisme fœtal au taux de suicide des mères porteuses, la biologie et les faits contredisent le récit compassionnel. Pendant que des personnalités médiatiques normalisent le contournement de la loi française, des voix comme celle de la sénatrice Valérie Boyer tentent de sanctuariser l’indisponibilité du corps humain dans la Constitution. On ne commande pas un enfant et accoler le mot « éthique » à cette pratique ne la rend pas vertueuse.

Du vecteur de Newton à l’embedding de ChatGPT : l’odyssée d’un concept universel

Science

En explorant le fonctionnement des chatbots IA, un mot m’a interpellé : « vectoriser ». Le même terme qu’utilisent les graphistes dans Illustrator depuis des décennies. Et en creusant, j’ai découvert que les physiciens manipulent ce concept depuis Newton. Trois mondes, un seul mot, coïncidence lexicale ou intuition profonde partagée à travers les siècles ?

Bitcoin ou rien : tout le reste n’est qu’une arnaque sophistiquée

Cryptomonnaies

Dans le vacarme des acronymes et du storytelling Web3, il ne reste qu’une seule chose vraie : Bitcoin. Tandis qu’Ethereum s’enfonce dans une bureaucratie algorithmique pour spéculateurs, le reste du « zoo crypto » n’est qu’un cimetière de promesses en plastique. Bitcoin, avec sa rareté mathématique gravée dans le code, est la seule monnaie qui ne ment pas.

Société de pensées : quand les modèles d’IA débattent entre eux

Intelligence artificielle

Les modèles de raisonnement les plus avancés, comme DeepSeek-R1 ou OpenAI o3, ne se contentent plus dune chaîne de pensée linéaire : ils simulent une véritable société de pensées interne, où plusieurs voix concurrentes génèrent des hypothèses, sopposent et se corrigent mutuellement. Ce débat simulé, sans ego ni enjeu de réputation, permet à lIA dexplorer des pistes contradictoires et datteindre une rationalité plus robuste que le raisonnement solitaire. Au final, la vérité némerge pas dun génie isolé, mais dune orchestration habile du désaccord cognitif.

Les maux ont un sens : petite leçon de sémantique confiscatoire

Fiscalité

Cotisations ou taxes ? Le débat sémantique fait rage sur les plateaux télé, avec ses défenseurs du « bon mot ». Mais quand le prélèvement est obligatoire, sans consentement ni choix possible, la distinction devient un simple exercice de rhétorique pour faire passer la pilule de la contrainte fiscale française.

Intelligence artificielle : pourquoi la métaphore du marteau est une imposture

Intelligence artificielle

L’IA n’est pas un marteau, et ceux qui le prétendent le savent très bien. Cette métaphore instrumentale sert une stratégie : nous faire croire que nous gardons le contrôle pendant que des centaines de milliards de dollars alimentent une course aux armements technologiques dont personne ne maîtrise l’issue. Le problème n’est pas l’usage individuel de l’IA, mais le cadre techno-politique qu’elle institue, contribuant à son autonomisation aux dépens de notre liberté.

Comment les cartels de drogue déstabilisent la République française

Politique

La Cinquième République, cette construction politique qui a survécu à tant de crises, vacille aujourd’hui face aux cartels de drogue. Ces organisations criminelles ne cherchent pas à renverser le pouvoir : elles créent un contre-État plus efficace que nos institutions, comblant le vide laissé par une République absente. L’ironie est cruelle : c’est l’État lui-même qui a généré ce monstre en criminalisant des substances, créant ainsi un marché noir colossal. Quelques mots sur un système qui s’effondre de l’intérieur, piégé par ses propres interdictions et vidé de toute substance identitaire.

LLM : l’ultime machine à blanchir le droit d’auteur

Intelligence artificielle

Les grands modèles de langage (LLM) sont des machines à blanchir le droit d’auteur, transformant des œuvres protégées en textes « propres » sans rémunérer les créateurs. Malgré leur efficacité, ils pillent la créativité et polluent la planète, comme en témoigne l’entraînement de GPT-3 (552 tonnes de CO2). Les utilisateurs, même technophiles, refusent de financer ce système éthiquement douteux.