Photos du Dauphiné au Vercors par l’abbé Marius Royonnais

Après de nombreuses heures consacrées à la reproduction et au développement numérique d’un ensemble de plaques de verre photographiques au gélatino-bromure d’argent, ce fonds patrimonial inédit trouve enfin une nouvelle vie. Composée de 136 clichés restaurés avec soin, cette collection offre une plongée captivante dans le quotidien du Dauphiné et du Vercors sur une période allant d’environ 1900 à 1940.
Un témoin de son temps : l’abbé Marius Royonnais
L’auteur de cet ensemble photographique est le prêtre Marius Royonnais (1877-1947), originaire de la commune de Chatte en Isère. Prêtre séculier rattaché au diocèse de Grenoble, il exerça son ministère dans plusieurs paroisses au fil de sa carrière ecclésiastique : il fut notamment vicaire à Varacieux, puis curé à Choranche, Saint-Bonnet-de-Chavagne et Saint-Savin, où se trouve sa dernière demeure.
Muni de son appareil photographique, l’abbé Royonnais a immortalisé durant près de quarante ans les paysages, les scènes de la vie paroissiale, les rassemblements locaux, ainsi que les visages de ses contemporains. Ses clichés reflètent à la fois la simplicité du monde rural et l’ancrage territorial profond de son ministère.

Un parcours géographique entre Vercors, Royans et Bas-Dauphiné
La collection couvre une zone géographique variée, témoignant des déplacements et des affectations du prêtre à travers le département de l’Isère :
- Le Vercors et le Royans : des vues remarquables de Choranche, de ses grottes et de ses falaises, les maisons suspendues de Pont-en-Royans, les routes encaissées, ainsi que les paysages de Presles, d’Auberives-en-Royans ou de Notre-Dame-de-L’Osier.
- Le Nord-Isère et le Bas-Dauphiné : des scènes de la vie locale à Saint-Savin, au hameau de Demptézieu (notamment l’église Saint-Didier de Demptézieu) et dans les villages environnants.
Du gélatino-bromure d’argent au numérique : le procédé technique
Les clichés originaux ont été réalisés sur des plaques de verre négatives au gélatino-bromure d’argent, insérées dans une chambre photographique lyonnaise « Henri Peter » (maison fondée en 1790, 2 place Bellecour), une technologie industrielle courante au début du XXe siècle qui offrait une grande finesse de grain et une excellente restitution des détails.


Pour restituer ces images aujourd’hui sans altérer les originaux, le travail a suivi une chaîne rigoureuse :
- Reproduction par capture : chaque plaque de verre négative a été photographiée individuellement avec du matériel numérique moderne (boîtier Sony Alpha 7R IV, objectif Sony FE 90 mm F2.8 Macro G OSS et table lumineuse Kaiser Slimlite Plano LED) sur banc de reproduction (numérisation réflex).
- Inversion et traitement numérique : les fichiers bruts (RAW) obtenus ont ensuite été inversés numériquement pour passer du négatif au positif, puis ajustés en contraste et en densité pour restituer au mieux le piqué d’origine.
Un patrimoine humain à transmettre
Le temps a fait son œuvre et la plupart des visages fixés sur ces plaques se sont éteints depuis longtemps. Cependant, la numérisation et la mise en ligne de ces archives permettent d’offrir ces images à la mémoire collective. Peut-être que des habitants du secteur, des passionnés d’histoire locale ou des descendants y reconnaîtront des lieux familiers, des événements oubliés ou des ancêtres.







































































































































