Rue Jean Baillet
Anciennement rue de Chevrières, elle relie la place de l’Église à la rue des Récollets. Son ancien nom rappelait la porte de Chevrières, l’une des quatre portes de l’enceinte médiévale, ouverte sur la route du village du même nom et démolie en 1835.
En 1945, l’une des premières délibérations du conseil municipal de Ferdinand Brun lui donne le nom de Jean Baillet, jeune héros et martyr de la Résistance qui vécut au n° 14, dans l’immeuble ayant appartenu à M. de Murinais.
Né à Thônes, en Haute-Savoie, le 1er janvier 1925, Jean Baillet arrive enfant à Saint-Marcellin avec ses parents. Élève de l’école publique puis du collège de la ville, il prépare Saint-Cyr au lycée Champollion de Grenoble lorsqu’il s’engage dans la Résistance, au sein des Forces unies de la jeunesse française, futur Mouvement uni de la Résistance. Il est formé par Louis Lemaire, qui avait succédé au docteur Carrier à la tête de la Résistance locale après son assassinat.
Arrêté à Grenoble sur dénonciation en 1944, il passe par la prison Saint-Paul de Lyon et le camp de Compiègne avant d’être déporté à Dachau, puis affecté au kommando de Kempten. Il y meurt à 19 ans, épuisé par la faim. Louis Terrenoire, futur ministre et compagnon de captivité, a raconté l’avoir vu mourir dans ses bras, puis l’avoir enterré avec trois camarades dans une tombe que les SS exigèrent de rendre invisible. Nommé capitaine au titre des Forces françaises combattantes, Jean Baillet est fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume en 1946.
Sur la porte du n° 14, une plaque de marbre apposée par la municipalité perpétue son souvenir :
« Ici vécut Jean Baillet, né le 1er janvier 1925, Héros et Martyr de la Résistance. Arrêté le 9 juin 1944 à Grenoble par la police spéciale de Vichy, mort pour la France au bagne nazi de Dachau Kempten, le jour de Pâques 1945. »