Montée du Château
La montée du Château relie la rue Jean-Baillet à la place Château-Bayard, au cœur de la vieille ville de Saint-Marcellin. Le passage du Brusset, qui porte ce nom depuis 1860, la rejoint depuis la rue Jean-Baillet. Elle conduit à la maison curiale, près de l’église, où se trouvait autrefois la maison des Dames de Charité.
Elle doit son nom au « château » qu’elle dessert. Il ne s’agit pas d’une forteresse mais d’une maison noble, coiffée des hauts toits de tuiles caractéristiques de l’architecture dauphinoise, dont on ignore la date de construction. Jean de Gilbert, seigneur de Verdun, l’aurait acquise en 1605. Elle passe ensuite aux familles Garagnol, de Beaumont (Antoine Melchior de Beaumont, gouverneur de la ville à partir de 1723, y demeure en 1746), puis Brenier de Montmorand, avant d’échoir à la famille Carra de La Bâtie.
Pendant longtemps, la montée s’est d’ailleurs appelée rue La Bâtie, en mémoire de M. Carra de La Bâtie, maire et sous-préfet de Saint-Marcellin sous la Restauration. Bienfaiteur de la ville, il fit d’importantes donations pour l’établissement d’une école des Frères des Écoles chrétiennes et de la salle d’asile, ancêtre de l’école maternelle, toutes deux installées au château. Il contribua à les entretenir sur ses propres ressources, avec le concours de la chanoinesse Marie-Anne Dantour (1761-1842), ancienne prieure du monastère royal de Montfleury, qui introduisit à Saint-Marcellin les sœurs hospitalières devenues Dames de Charité.
Le château entre ensuite dans le patrimoine communal grâce à Henri du Colombier, légataire universel, qui en fait don à la ville. Une partie devient le presbytère, et un cinéma a fonctionné à ses côtés jusqu’à une période récente.