Démocratie

La démocratie n’est pas ce mot lustré que les éditorialistes sortent du tiroir les soirs d’élection pour le ranger aussitôt après — c’est un mécanisme vivant, fragile comme une horloge ancienne, dont chaque rouage exige une surveillance de tous les instants sous peine de voir l’ensemble tourner à vide pendant que ceux qui tiennent la clé de remontoir font mine de ne rien entendre. Cette catégorie est celle d’un citoyen qui a cessé de croire que voter suffisait et qui préfère démonter les pièces une par une — commissions d’enquête sans suite, traités ratifiés contre le peuple, censure déléguée à Bruxelles, personnel politique sélectionné par la médiocrité — pour comprendre pourquoi la mécanique grince et surtout qui profite du silence. Vous y trouverez des autopsies de scandales que l’on croit enterrés mais qui continuent de pourrir les fondations, des analyses de réformes électorales capables de redonner du souffle au suffrage, des chroniques sans filtre sur la surveillance numérique et la liberté d’expression menacée des deux côtés du Rhin, et parfois le constat amer qu’en République française comme en Confédération helvétique, le plus grand danger pour la démocratie n’est pas celui qui la combat ouvertement mais celui qui l’invoque pour mieux la vider de sa substance — le tout écrit avec la conviction tenace que nommer précisément ce qui dysfonctionne reste le premier acte de résistance civique.

Crise politique française : un cri de rage pour une France à bout de souffle

J’ai atteint un tel niveau d’exaspération politique que je me sens au bord de l’épuisement, frappé chaque jour par une réalité honteuse dans un pays malade, dirigé par de petits enfants français élus par nos renoncements, qui vident les caisses et rient de nos débats. Je cherche l’intérêt général, mais il est noyé sous les privilèges, les lobbies et les partis, tandis que six millions de chômeurs, une école en ruine et une santé à la traîne dévoilent un système bloqué. Cet hiver, un sans-abri est mort à trois cents mètres de l’Élysée, pendant que l’Élu commémorait des chrysanthèmes, indifférent. Je ne veux plus de ces moqueries d’une époque révolue ; il est temps de dire « nous » et non « je ».