Lafarge Emballage, Novéant-sur-Moselle
En avril 1979, l’usine Lafarge Emballage de Novéant-sur-Moselle (25 rue Foch?) battait son plein, au cœur de la vallée mosellane. Cette trentaine de photos, capturées ce printemps-là, offrent un précieux témoignage visuel d’une époque industrielle où la production de sacs en papier kraft régnait en maître. Spécialisée dans la fabrication d’emballages robustes destinés au ciment, aux produits chimiques, aux minéraux ou encore aux aliments, cette usine faisait partie intégrante du groupe Lafarge Emballage, né de l’intégration de la Société Anonyme des Papeteries d’Aouste (SACNA) en 1965, après son rachat par Lafarge en 1956. Les images révèlent les imposantes machines à l’œuvre, les chaînes de production rythmées par le bruit des rouleaux et des presses, ainsi que les silhouettes des ouvriers – une centaine environ à l’époque – affairés à transformer la pulpe de pin scandinave en sacs innovants, testés et perfectionnés sur place.
À cette période, juste avant le virage des années 1980, l’usine de Novéant symbolisait l’essor de l’industrie papetière en Lorraine, contribuant à une production régionale de plus de 400 000 tonnes de papier et carton annuellement, soit environ 8 % de la production nationale. Les photos immortalisent non seulement les infrastructures – des bâtiments fonctionnels bordés par la Moselle, avec leurs silos et ateliers – mais aussi l’atmosphère d’une ère où l’innovation technique se mêlait au quotidien ouvrier. On y devine les premiers pas vers des impressions multicolores et des modèles brevetés qui marqueront les années suivantes.
Deux ans plus tard, en 1981, l’usine passerait sous la bannière de Lembacel, filiale du groupe Cellulose du Pin et de Saint-Gobain, devenant leader français des sacs en papier avec des avancées comme le procédé « Lembacolor » et des sacs à fenêtre brevetés. Malheureusement, cette histoire s’achèverait en 1994 avec la fermeture du site par le groupe irlandais Smurfit, qui avait racheté Lembacel, marquant la fin d’une ère pour la communauté locale.
Ces clichés ne sont pas seulement des souvenirs figés ; ils racontent l’âme d’une usine qui a façonné l’économie mosellane, employant des générations et innovant dans l’ombre des grands groupes. En les parcourant, on mesure le chemin parcouru depuis ces jours d’avril 1979, où la vapeur des machines et l’odeur du papier frais emplissaient l’air. Un patrimoine industriel à préserver, pour ne pas oublier les mains qui ont bâti notre quotidien.
































