La justice française a ceci de particulier qu’elle parvient simultanément à enfermer un ancien président et à laisser un condamné pour corruption de mineurs présenter le journal télévisé, à poursuivre un citoyen pour un excès de vitesse et à perdre les pièces justificatives d’une main courante déposée en bonne et due forme, à sanctionner la richesse immobile de celui qui possède sa maison et à regarder ailleurs quand les cartels bâtissent un contre-État dans les quartiers que la République a désertés — le tout en se déclarant garante de l’égalité devant la loi avec un aplomb que seule une institution aussi ancienne peut encore se permettre. Cette catégorie est celle d’un justiciable qui a renoncé à confondre le droit et la justice, qui observe les tribunaux comme on observe un mécanisme dont on a compris qu’il ne servait plus ceux pour lesquels il avait été conçu, et qui considère que documenter les dysfonctionnements — l’impunité sélective, la GPA comme commerce du vivant, le droit d’auteur blanchi par les algorithmes, l’euthanasie vendue comme compassion, les écrivains qu’on abandonne en prison — est déjà un acte de défense quand personne ne veut plaider. Vous y trouverez des analyses d’affaires où la loi protège le fort contre le faible, des enquêtes sur les institutions judiciaires et réglementaires qui fonctionnent à géométrie variable, des billets sur le racket fiscal habillé en justice sociale, et parfois la colère sourde de celui qui se souvient qu’à l’entrée de chaque palais de justice il est écrit « Liberté, Égalité, Fraternité » et qui se demande lequel de ces trois mots ment le plus fort — le tout écrit avec la conviction qu’une justice qu’on n’ose plus critiquer n’est déjà plus une justice mais un pouvoir.
Derrière les promesses d’une identité numérique européenne sécurisée, un doute persiste : la fin de l’anonymat vaut-elle le confort d’un clic ? De KYB à eIDAS, chaque outil censé protéger l’économie tisse une toile où tout est traqué, sans que nous ayons voix au chapitre. L’histoire nous le rappelle : les systèmes d’ordre d’aujourd’hui peuvent devenir les armes de demain.
Depuis des décennies, la Ligue des Droits de l’Homme se positionne comme un rempart contre les atteintes aux libertés. Pourtant, certaines de ses prises de position récentes interrogent : pourquoi ces silences sur des sujets majeurs, et ces indignations si sélectives ? À force de partialité, l’institution s’éloigne de ses principes fondateurs, laissant place à une lutte idéologique teintée de contradictions. La défense des libertés ne saurait être à géométrie variable.
En 2024, la République française semble plus que jamais minée par l’entre-soi gouvernemental. Tandis que le pays s’enfonce dans la crise, ses élites politiques naviguent entre copinage, scandales et déconnexion totale avec les citoyens. Cette dérive met en péril les fondements mêmes de notre démocratie.
Le recours au 49.3 par Michel Barnier soulève une question cruciale : que signifie réellement “engager la responsabilité” d’un gouvernement si aucune conséquence tangible ne suit cet engagement ? Alors que cet outil constitutionnel est devenu une pratique courante, son usage récurrent a vidé de son sens le concept de responsabilité politique, suscitant des interrogations sur l’avenir de notre démocratie et l’équilibre entre exécutif et législatif.