Justice

La justice n’est pas seulement ce qui se passe dans les prétoires, c’est ce qui reste quand une procédure a fini de se dérouler : un dossier instruit quatre ans puis enterré sans un mot, une sanction administrative prononcée sans juge, une main courante qui ne débouche sur rien, un principe fondamental respecté à la lettre et vidé dans les faits. Cette catégorie est celle d’un citoyen qui lit les textes avant de commenter les décisions, qui distingue ce qui relève du droit de ce qui relève de l’arrangement, et qui s’intéresse autant au dépôt de garantie d’un locataire qu’à la question de savoir si une inéligibilité doit précéder le vote des électeurs. Vous y trouverez des autopsies de procédures qui n’aboutissent jamais, l’analyse d’administrations devenues juge et partie, des dispositifs européens qui punissent sans juger, et l’examen de sujets où le consensus tient lieu de raisonnement, de l’euthanasie à la castration chimique. Écrit sans complaisance pour aucun camp, avec l’idée que l’égalité devant la loi se mesure aux cas qu’on préférerait ne pas examiner.

49.3 : La fausse responsabilité qui affaiblit notre démocratie

Démocratie

Le recours au 49.3 par Michel Barnier soulève une question cruciale : que signifie réellement “engager la responsabilité” d’un gouvernement si aucune conséquence tangible ne suit cet engagement ? Alors que cet outil constitutionnel est devenu une pratique courante, son usage récurrent a vidé de son sens le concept de responsabilité politique, suscitant des interrogations sur l’avenir de notre démocratie et l’équilibre entre exécutif et législatif.