Mobilisation des agriculteurs à Saint-Marcellin

Ce lundi après-midi, en allant faire quelques emplettes avenue du Collège à Saint-Marcellin, j’ai été témoin d’une scène devenue tristement banale dans notre belle France : le centre-bourg envahi par des tracteurs, des remorques, des agriculteurs déterminés… et bien sûr, les forces de l’ordre déployées en nombre pour « veiller au grain ».

Ironique, cette expression, quand justement ceux qui produisent le grain sont contraints de bloquer les routes pour qu’on daigne les écouter.

L’ironie du centre des finances publiques

Mais l’ironie suprême de cette matinée se trouve ailleurs : au cœur de cette mobilisation agricole trône fièrement le Centre des Finances Publiques de Saint-Marcellin. Un symbole accidentel d’une justesse sidérante.

Car parlons-en, de ce « centre » :

  • Un centre qui n’en est plus vraiment un, tant les services se sont évaporés au fil des réformes de « modernisation »
  • Des finances publiques qui fondent comme neige au soleil, dilapidées dans des gouffres bureaucratiques et des projets aussi pharaoniques qu’inutiles
  • Un service public qui se rétrécit comme peau de chagrin pour les citoyens qui en ont vraiment besoin

Les agriculteurs manifestent devant un centre de prélèvement obligatoire qui symbolise tout ce qu’ils dénoncent : une administration omniprésente pour collecter l’impôt, invisible quand il s’agit de défendre leurs intérêts face à la concurrence déloyale et aux normes absurdes.

La France qui nourrit face à la France qui ponctionne

Ces hommes et ces femmes sur leurs tracteurs incarnent la France qui se lève tôt, celle qui travaille la terre, qui nourrit la nation, qui entretient nos paysages. Celle qui subit :

  • Les normes environnementales européennes les plus contraignantes du continent, pendant que nos voisins importent à tour de bras des produits qui ne respectent aucune de ces exigences
  • Une fiscalité délirante qui les étrangle lentement mais sûrement
  • La concurrence d’importations produites dans des conditions qu’on leur interdirait sous peine de sanctions
  • Le mépris des technocrates parisiens et bruxellois qui n’ont jamais mis les pieds dans une exploitation agricole mais savent mieux qu’eux comment ils doivent faire leur métier

Face à eux, des forces de l’ordre en nombre. Pas pour défendre leurs intérêts, non. Pour « maintenir l’ordre public ». Pour s’assurer qu’ils ne gênent pas trop longtemps ceux qui passent, pressés de vaquer à leurs occupations dominicales.

Pendant ce temps, le système de redistribution français continue de ponctionner sans vergogne ceux qui produisent pour financer une bureaucratie pléthorique et des dépenses aussi pharaoniques qu’improductives.

Force aux agriculteurs

Je ne suis pas agriculteur. Je n’ai jamais conduit de tracteur, ni trait une vache à 5h du matin par -5°C. Mais je sais reconnaître le courage quand je le vois. Et j’ai un respect immense pour ceux qui osent encore défendre leur dignité face à un système qui les broie méthodiquement.

Ces mobilisations agricoles ne sont pas des caprices de privilégiés. Ce sont des cris de détresse de gens qui voient leur métier, leur mode de vie, leur dignité attaqués de toutes parts par une alliance improbable entre :

  • Les bureaucrates européens et leurs directives hors-sol
  • Les grandes surfaces qui les pressurent sur les prix
  • Les militants écologistes urbains qui veulent « sauver la planète » en détruisant ceux qui la cultivent depuis des générations
  • Un gouvernement français trop lâche pour défendre ses agriculteurs face à Bruxelles

Le sens de cette journée

Cette scène du 22 décembre à Saint-Marcellin restera pour moi comme une photographie parfaite de la France contemporaine :

  • Des travailleurs acculés à la révolte
  • Un État présent pour taxer et réprimer, absent pour protéger et défendre
  • Des centres de services publics vidés de leur substance mais pas de leurs prérogatives fiscales
  • Une classe dirigeante sourde aux détresses de ceux qui font vivre le pays

Les tracteurs étaient là ce matin. Ils seront probablement là demain, et après-demain. Jusqu’à ce qu’enfin, quelqu’un daigne les écouter. Pas pour les calmer avec des promesses vides. Pour agir.

En ces temps troublés, comme je l’ai écrit en légende de mes photos : Force aux agriculteurs.

Ils défendent bien plus que leurs intérêts corporatistes. Ils défendent une certaine idée de la France, celle du travail, de la dignité, et du droit de vivre de son métier sans être pris pour une vache à lait par l’administration ou un ennemi public par les idéologues.

Le jour où ils rendront les armes, nous aurons tous perdu.


Écrivez quelques éclats d'âme...

Dans l'ombre vacillante d'une chandelle, où les murmures du vent se mêlent aux secrets d'un vieux parchemin, je vous invite à tisser une toile de mots. Écrivez quelques éclats d'âme – rêve, étoile, abîme, étreinte, brume – et laissez-les danser sur la page, comme des lucioles dans une nuit d'encre. Que diriez-vous de les entrelacer dans une phrase, un souffle, une histoire ?

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