Critiquons le clavier Logitech MX Keys S
Après plusieurs semaines d’utilisation quotidienne intensive du Logitech MX Keys S pour Mac, il est temps de dresser un bilan complet de ce clavier haut de gamme. Si l’expérience de frappe s’avère globalement très satisfaisante, quelques choix de conception décevants viennent ternir le tableau.
Les touches creusées : un vrai plus pour la précision
Le principal atout du MX Keys S réside dans ses touches légèrement concaves qui épousent naturellement la forme des doigts. Cette conception intelligente permet une frappe plus assurée et précise, réduisant significativement le nombre de fautes de frappe. Après quelques jours d’adaptation, on apprécie réellement ce confort qui se révèle particulièrement appréciable lors de longues sessions de rédaction. Tout comme l’Apple Magic Keyboard, le MX Keys S utilise des switchs à ciseaux et le bruit des touches est donc assez comparable : c’est-à-dire faible (~40 dBA).
Le profil bas du clavier constitue également un point positif. Si l’absence de pieds ajustables pour régler l’inclinaison peut sembler être une limitation, le design fin du clavier compense ce manque. La position de frappe reste naturelle et ne nécessite pas vraiment d’ajustement.
L’absence de mode filaire USB-C : une déception majeure
C’est probablement le point le plus frustrant de ce clavier : l’impossibilité d’utiliser une connexion entièrement filaire. Contrairement à ce que pourrait laisser penser la présence d’un port USB-C, celui-ci ne sert qu’à la recharge. La communication avec l’ordinateur ne peut se faire que via Bluetooth ou le dongle Logi Bolt.
Pour un clavier de ce standing et à ce tarif, cette limitation est franchement incompréhensible. Un mode filaire complet aurait permis d’éliminer toute latence potentielle et d’offrir une option de secours en cas de problème de connexion sans fil. Cette lacune est d’autant plus regrettable qu’elle n’est pas suffisamment mise en avant dans la communication produit de Logitech.
Le dongle Logi Bolt : indispensable mais absent
L’utilisation du dongle Logi Bolt est vivement recommandée ; le bluetooth peut parfois se montrer capricieux. La connexion via le dongle s’avère plus stable et réactive que le bluetooth natif.
Malheureusement, Logitech a fait le choix discutable de ne pas fournir le dongle dans les éditions « pour Mac » du clavier. Une économie de bout de chandelle particulièrement mesquine pour un produit vendu au-delà de 100 euros. Il faudra donc prévoir un achat supplémentaire si vous souhaitez bénéficier de la meilleure expérience possible.
Conseil important : si vous utilisez le dongle, pensez à désactiver complètement le Bluetooth du clavier ou à le désappairer, car le périphérique peut continuer à tenter de se connecter en Bluetooth même avec le dongle branché.
Le rétroéclairage : une gestion aberrante en mode filaire
Autre source de frustration : la gestion du rétroéclairage en mode filaire. On pourrait logiquement penser qu’un clavier branché en permanence permettrait un rétroéclairage constant. Erreur !
Lorsque le clavier est connecté en USB-C, le rétroéclairage s’éteint automatiquement après 5 minutes d’inactivité. Aucune configuration possible dans Logi Options+ ne permet de modifier ce comportement, du moins à l’heure actuelle. La durée d’activation ne tient absolument pas compte des réglages personnalisés effectués dans le logiciel. Paradoxalement, on se retrouve avec un clavier branché qui reste rétroéclairé moins longtemps qu’en mode sans fil.
Mais le plus incompréhensible reste à venir : le détecteur de proximité des mains ne fonctionne tout simplement pas en mode filaire. Cette fonctionnalité pourtant pratique, qui permet d’allumer automatiquement le rétroéclairage lorsque les mains s’approchent du clavier, est purement et simplement désactivée dès qu’un câble USB-C est branché. Il doit probablement exister une logique technique derrière ce choix… on aimerait en tout cas le croire. En attendant, cette limitation transforme l’expérience en mode filaire en véritable régression par rapport au sans-fil, ce qui est pour le moins contre-intuitif.
Les autres défauts remontés par la communauté
Au-delà de mes propres constats, d’autres utilisateurs rapportent régulièrement plusieurs problèmes que je n’ai personnellement pas encore rencontrés. J’espère sincèrement être préservé de ces désagréments encore quelque temps, mais il me semble important de les mentionner pour dresser un tableau complet :
- Problèmes de stabilisateurs et de touches : L’un des défauts les plus préoccupants concerne les stabilisateurs des touches larges, particulièrement la barre d’espace. Plusieurs utilisateurs signalent qu’après quelques mois d’utilisation, ces stabilisateurs peuvent se dérégler, entraînant des touches qui ne se stabilisent plus correctement, une frappe moins précise, voire des touches qui restent parfois bloquées (notamment la barre d’espace, mais aussi les touches Fn, Démarrer ou Ctrl droit). Des tutoriels existent pour remettre les stabilisateurs en place, mais à ce niveau de prix, c’est franchement inadmissible d’avoir à bricoler son clavier régulièrement.
- Touches qui se répètent de manière intempestive : Certains utilisateurs constatent que la saisie reste parfois bloquée comme si une touche était maintenue enfoncée. Cela peut arriver avec n’importe quelle lettre et rend la frappe particulièrement pénible, nécessitant des corrections constantes.
- Rétroéclairage capricieux : Le système de rétroéclairage automatique, censé s’activer à l’approche des mains (en mode sans fil uniquement, rappelons-le), montre parfois des comportements erratiques. Les LED peuvent s’allumer et s’éteindre de manière intempestive sans raison apparente, même quand le clavier n’est pas utilisé.
- Autonomie avec rétroéclairage : Si l’autonomie annoncée sans rétroéclairage est impressionnante (plusieurs mois), l’utilisation du rétroéclairage réduit drastiquement cette durée à environ 4-5 jours d’utilisation intensive selon certains retours. À noter également que Logitech ne communique ni sur le type de batterie utilisé, ni sur sa durée de vie à long terme, ce qui pose question quant à la réparabilité du produit.
- Configuration logicielle laborieuse : L’écosystème logiciel Logitech n’est pas exempt de critiques. Plusieurs utilisateurs signalent des difficultés lors du couplage initial du clavier avec leurs appareils, nécessitant de garder un ancien clavier branché le temps d’installer le logiciel Logi Options+. De plus, la cohabitation entre Logi Bolt et l’ancien système Unifying peut causer des conflits, certaines souris Unifying n’étant plus reconnues après l’installation d’Options+.
- Placement de certaines touches : Le positionnement de la touche de verrouillage de session peut piéger les utilisateurs habitués à d’autres claviers, cette touche se trouvant à l’emplacement du tiret sur certains modèles concurrents. De même, la touche Fonction située à droite de la barre d’espace nécessite un temps d’adaptation.
- Support client décevant : Plusieurs retours font état d’un support client Logitech peu réactif et pas toujours compétent, orientant parfois les utilisateurs vers Microsoft pour des problèmes clairement liés au matériel Logitech. Une déception supplémentaire pour un produit de cette gamme.
Verdict : un excellent clavier gâché par des choix discutables
Le Logitech MX Keys S pour Mac offre indéniablement une expérience de frappe de qualité grâce à ses touches creusées et son profil agréable. La possibilité de basculer entre trois appareils reste également un atout majeur pour un usage multi-écrans.
Cependant, certaines limitations viennent ternir ce tableau et à cela s’ajoutent les problèmes potentiels remontés par d’autres utilisateurs (stabilisateurs, touches qui se répètent, configuration logicielle laborieuse), même si je ne les ai personnellement pas encore rencontrés.
À ce niveau de prix, on est en droit d’attendre mieux. Si vous cherchez un clavier pour Mac et que ces limitations ne vous dérangent pas, le MX Keys S reste un bon choix. Mais gardez à l’esprit que certains compromis devront être acceptés (ne passons pas sous silence l’absence de Touch ID), ce qui est frustrant pour un produit se positionnant sur le segment premium.
Un produit qui aurait pu prétendre à l’excellence, mais que des choix de conception et des économies de bouts de chandelle viennent malheureusement entacher.